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Fibre optique : des entreprises régionales peinent à soumettre leur projet

Des élus et de petites entreprises de l'Est disent manquer de temps pour présenter leur projet dans le cadre de Brancher pour innover, un programme gouvernemental de 500 millions de dollars pour améliorer l'accès à Internet haute-vitesse en région.

Un reportage d’Isabelle Damphousse.

Annoncé en grande pompe lors du dernier budget d'Ottawa et bonifié de 100 millions de dollars par Québec, le programme Branchez pour innover vise à élargir l'accès à Internet haute-vitesse dans les secteurs plus éloignés des grands centres.

Le hic, c’est que les entreprises n'ont que deux mois et demi pour déposer leurs soumissions.

C'est sûr que d'avoir un délai supplémentaire, ça permettrait de peaufiner notre dossier.

Paul-André Morin, président de Communications Internet Morin

À Matane, l'homme d'affaires Paul-André Morin, par exemple, aimerait accéder à des subventions pour déployer un réseau de fibre optique de 1200 kilomètres dans les petites localités du Bas-Saint-Laurent.

Autrement dit, M. Morin s'est en quelque sorte engagé dans un combat de David contre Goliath...

Présentement, je me bats contre Telus, Cogeco, Vidéotron et Bell... c'est eux-autres qui vont vouloir aller chercher le marché.

Paul-André Morin, président de Communications Internet Morin

Même son de cloche chez les élus

Les élus locaux souhaiteraient, eux aussi, avoir plus temps pour déposer des projets communautaires.

On a les deux mains attachées... C'est trop vite pour nous autres.

Réginald Morissette, préfet de la MRC de La Mitis

Au Bas-Saint-Laurent, on craint que ce programme ne soit que pour les grands joueurs des télécommunications, les entreprises et les petites communautés n'ayant pas autant de ressources pour travailler sur leur demande.

« C'est de cette façon-là que j'ai sensibilisé le cabinet, les gens qui représentent le ministre », indique le député d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia Rémi Massé.

Le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron, croit que le programme Branchez pour innover ne répond pas aux besoins des régions.

« Non seulement les délais sont limités pour les petits joueurs qui n'ont pas les mêmes capacités que les gros joueurs pour présenter et soumettre, mais même au niveau du choix : bien souvent, le choix va contre ces petits fournisseurs », explique-t-il.

Du côté du cabinet du ministre responsable du programme Branchez pour innover, il n'est pas question de prolonger les délais pour déposer les demandes au programme de subvention. Les entreprises ont donc jusqu'au 13 mars pour déposer leurs demandes.

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