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Fonds de pension du N.-B. : des primes aux gestionnaires malgré un rendement sous la moyenne

Des cadres supérieurs de la firme Vestcor, qui gère les fonds de pension des fonctionnaires du Nouveau-Brunswick, ont reçu des primes à deux chiffres en 2017 alors que le rendement des fonds était plus bas que la moyenne nationale.

Vestcor gère le fonds de retraite de 16 milliards de dollars des fonctionnaires du Nouveau-Brunswick et d’autres fonds. Le rendement en 2017 était de 8,05 %, selon le rapport annuel de l’entreprise.

Il s’agissait des meilleurs résultats de Vestcor en quatre ans, mais ils se situaient sous la moyenne des fonds canadiens, qui était de 9,7 % selon la Banque Royale du Canada.

Le chef de la direction de Vestcor, John Sinclair, affirme que les règles d’investissement des fonds du secteur public au Nouveau-Brunswick sont plus sévères depuis que la province est passée à un régime de pension à risques partagés. Cela limite les gains probables des fonds durant les bonnes années et les pertes durant les mauvaises années, explique-t-il.

Des primes malgré tout

L’augmentation de la rémunération des hauts dirigeants de Vestcor a été plus importante que le rendement des fonds en 2017.

Selon les documents de la firme, John Sinclair a empoché 1,16 million de dollars en 2017, ce qui constituait une hausse de 16,7 % comparativement à l’année précédente.

L’augmentation se situait entre 13 % et 30 % dans le cas de quatre autres cadres supérieurs de Vestcor.

Le calcul des primes versées par Vestcor

Les employés de Vestcor sont admissibles à une gamme complexe de primes basées en partie sur leurs réalisations professionnelles, sur le rendement en un an et sur le rendement en quatre ans.

Les primes ont augmenté en grande partie parce que le rendement en 2017 était supérieur à celui de 2013, qu’il a remplacé dans le calcul sur quatre ans.

Vestcor et son prédécesseur, la Société de gestion des placements du Nouveau-Brunswick, offrent des primes à leurs employés depuis 1998. Les montants en question ont augmenté considérablement durant les dix dernières années.

Le total des primes a dépassé le million de dollars pour la première fois en 2007. On a dépassé les 2 millions en 2013. Le total a encore doublé, à plus de 4 millions de dollars, en 2017.

Vestcor vise à offrir à ses employés des primes se situant entre 30 % et 130 % de leur salaire de base. Des cadres supérieurs ont gagné plus que cela, y compris John Sinclair dont la prime en 2017 s’élevait à 826 004 $, soit 252 % de son salaire de base qui était de 327 779 $.

Des primes pas nécessairement exagérées, selon une fonctionnaire

Les chiffres ne font pas sursauter Deb McCormack, fonctionnaire à la retraite et membre de la coalition qui lutte contre le passage à un régime à risques partagés.

Elle ne voit pas d’inconvénient au fait que Vestcor fait des investissements moins risqués si cela protège les retraités de pertes importantes lorsque l’économie se porte mal.

Mme McCormack ne critique pas non plus les primes remises aux cadres supérieurs de la firme. Elle explique qu’elle ne peut juger si ces primes sont justes, mais elle ajoute qu’il est important de pouvoir compter sur les personnes les plus compétentes pour faire ce travail.

D’après un reportage de Bob Jones, CBC