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Forêts privées : les producteurs font le point

La tournée sectorielle du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent s'est poursuivie à Matane, jeudi soir. À quelques semaines de l'assemblée générale, l'heure est au bilan pour les propriétaires de lots boisés.

Un texte de Joane BérubéLes ravages de la tordeuse des bourgeons de l’épinette et la vente des sous-produits du sciage sont les deux principaux défis qui ont marqué l’année 2017 et qui seront probablement ceux de 2018 pour le Syndicat des producteurs de bois du Bas-Saint-Laurent

Pour la première fois, cette année, Québec investira pour arroser les parterres de forêts privées contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Le directeur général du Syndicat des producteurs forestiers, Charles-Edmond Landry, s'en réjouit.

Les arrosages débuteront en mai dans les sites ciblés, mais il faudra faire plus, selon lui, pour compenser les pertes causées par l'infestation.

Le directeur du Syndicat explique que plusieurs secteurs subissent les ravages de la tordeuse depuis au moins quatre ans, parfois cinq. « On va avoir du bois en perdition, dit-il, il faut récolter le bois mature, mais un coup que le bois est récolté, il faut aménager si on ne veut pas manquer de bois dans 40 ans pour approvisionner nos usines. »

Le Syndicat souhaite maintenant que Québec investisse dans son prochain budget dans le réaménagement de la forêt. « On a demandé 10 millions pour tout le Québec, pour le Bas-Saint-Laurent, ça représenterait 3,1 millions de budget pour le réaménagement de la forêt privée », précise Charles-Edmond Landry.

Les sciures et les copeaux

Le Syndicat a aussi fait le point lors de la rencontre sur la dernière année qui a surtout été marquée par une baisse des ventes de 10 % pour les producteurs de l'est du Bas-Saint-Laurent, soit dans la Vallée de la Matapédia, en Matanie et même dans le secteur de Rimouski-Neigette.

Cette diminution des revenus est principalement attribuable au manque de débouchés pour les résidus de bois comme les copeaux.

Charles-Edmond Landry rappelle qu’il ne reste plus que deux clients dans l’est de la région, Uniboard à Sayabec et Rayonier à Matane, qui achètent des sous-produits du sciage. L’année qui vient devrait être meilleure. Les producteurs ont signé une nouvelle entente avec l’usine de Matane en janvier dernier pour une livraison de 40 000 tonnes métriques humides.

La crise du bois d’œuvre et la surtaxe sur les exportations vers les États-Unis devraient aussi faire moins mal aux producteurs. M. Landry rappelle que le prix du bois d’œuvre est très bon, 644 $ du 1000 pmp (pied mesure de planche), et que le taux de change, très favorable, vient en partie compenser la surtaxe. Les producteurs espèrent donc avoir leur part.

Le Syndicat des producteurs de bois a réussi à dégager un surplus de 380 000 $ cette année. Une partie de cet argent, 158 000 $, sera retournée aux membres. Le Syndicat versera aux producteurs 1 $ supplémentaire la tonne pour le bois de pâte/papier/panneau.

Les propriétaires de lots boisés peuvent compter sur un revenu moyen d’environ 9000 $ par année. Peu de producteurs vivent strictement des revenus de la forêt. Pour beaucoup, il s’agit d’un revenu d’appoint.

Le syndicat compte 9200 propriétaires de lots boisés dont plus de 700 sont situés en Matanie.