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Fortes hausses à Wall Street au terme d'une journée chaotique

Les grands indices boursiers américains ont oscillé entre le négatif et le positif, mardi, mais ils ont finalement tous terminé la journée en forte hausse. De l'autre côté de l'Atlantique, les bourses européennes ont chuté.

Le Dow Jones a terminé la séance avec sa plus forte hausse en deux ans, soit un gain de 2,33 %, alors qu'il avait perdu 2,3 % en moins d'une demi-heure en début de journée.

Le S&P 500 a pour sa part enregistré une hausse de 1,74 % et le NASDAQ, sa plus forte hausse depuis octobre dernier avec un gain de 2,13 %.

À Paris, le CAC 40 a terminé en recul de 2,35 % et accuse une baisse de 5,9 % sur les quatre dernières séances. Le Footsie britannique a lâché 2,64 % et le Dax allemand a perdu 2,32 %.

À Toronto, le S&P/TSX a gagné quelques points, pour une hausse de 0,19 %.

Lundi, le Dow Jones a fini en recul de 4,6 % et le S&P 500, de 4,1 %, leurs plus fortes baisses depuis août 2011. Les deux indices avaient perdu respectivement 7 % et 6,1 % en cumulé lors des séances de vendredi et de lundi.

Pas de graves turbulences en vue, disent les experts

Le vent de panique ayant déferlé sur les places boursières n'est pas annonciateur d'une période de turbulences comparable à celle qui avait ébranlé l'économie mondiale il y a une décennie, estiment par ailleurs les économistes et analystes.

Balayant le scénario d'une autre crise financière similaire à celle de 2008, ils croient plutôt que la dégringolade des indices se veut un rappel à l'ordre pour les investisseurs.

« La situation ne découle pas d'un changement profond de l'économie », a expliqué mardi l'économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie

S'il anticipe un certain retour de la volatilité sur les marchés, Hendrix Vachon, économiste principal au Mouvement Desjardins, n'entrevoit pas de scénario dans lequel d'importants chocs viendraient ébranler l'économie mondiale.

Une raison simple

Pour plusieurs observateurs, l'élément déclencheur de cette panique est survenu vendredi lorsque le département américain du Travail a fait part d'une croissance de 2,9 % des salaires, la plus forte depuis 2009.

Même si plusieurs observateurs ont noté qu'une correction était attendue après une décennie de marchés haussiers, la soudaine chute des marchés a semblé être déclenchée par la publication de données économiques américaines qui permettaient de croire que la croissance des salaires avait finalement décollé.

Cela devrait accélérer l'inflation et convaincre la Réserve fédérale des États-Unis de procéder à de nouvelles hausses des taux d'intérêt.

« Une autre raison pour laquelle nous pensons qu'il s'agit d'une saine correction est que nous ne voyons aucun achat de panique sur l'or », a noté Naeem Aslam, de ThinkMarkets.

Le cours au comptant de l'or reculait mardi de 0,8 % à 1328,48 $ US l'once.

Croissance modérée

Finalement, après deux séances où les plongeons ont été marqués sur les places boursières, les observateurs anticipent de la volatilité à court terme avant un retour à des gains plus modérés.

« Cela devrait être le cas au cours des prochaines séances, peut-être même pendant les deux prochaines semaines, a estimé le chef des placements mondiaux chez Fiera Capital, François Bourdon. Il y avait beaucoup de complaisance sur les marchés. N'importe qui faisait de l'argent. »

Même si les places boursières devraient finir par reprendre le chemin de la croissance, tous s'entendent pour dire que les investisseurs devront faire leur deuil des rendements observés l'an dernier aux États-Unis.

En 2017, l'indice S&P 500 a grimpé d'environ 19 %. Le Dow Jones a pris quelque 25 % et le NASDAQ a bondi de près de 28 %.

« Cela n'était pas normal, a expliqué M. Vachon. On peut davantage s'attendre à un rendement oscillant entre 5 % et 10 %. C'est ce qui serait plus raisonnable. »

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