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Frais des cartes de crédit : un fardeau inévitable pour les petites entreprises

Contrairement au géant Walmart qui a annoncé qu'il n'accepterait plus la carte de crédit Visa en raison de ses frais, les petits commerçants expliquent qu'ils doivent continuer d'accepter le plus grand nombre de cartes de crédit possible.

Un texte de Pierre-Alexandre Bolduc

Tony Doiron, propriétaire du restaurant Famous Peppers, à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, explique qu'il doit verser une petite fortune aux entreprises de cartes de crédit qui lui réclament de 1 % à 4,5 % par transaction effectuée.

« Un restaurant comme celui-ci qui fait entre 25 000 $ et 30 000 $ par année, quand tu as 8000 $ de frais, c'est un bon 30 % de ton profit de la fin de l'année », souligne Tony Doiron.

Mais le restaurateur n'a pas d'autres choix. Il estime qu'environ 80 % de la clientèle paie à l'aide de carte de crédit ou de débit.

« Le petit détaillant a intérêt à offrir tous les types de paiements parce qu'il ne veut pas perdre des clients », affirme Mohamed Zaher Bouaziz, professeur de finances à l'Université de Moncton.

« C'est sûr que lui, s'il décide de ne pas offrir Visa, tant pis pour lui, mais ça n'influencera pas Visa. Ce n'est pas la même chose que lorsque Walmart a décidé de ne pas l'offrir », ajoute le professeur.

Même si Walmart a décidé de ne plus accepter les cartes de crédit Visa, Mohamed Zaher Bouaziz doute que les frais imposés aux commerçants puissent diminuer. « Selon eux, ils ont déjà baissé leur frais de carte de crédit. Ils trouvent que ces frais sont corrects pour le consommateur », dit-il.

Marc Léger, propriétaire du café-bar Laundromat, à Moncton, accepte les choses comme elles sont. Il croit qu'il pourrait probablement se permettre plusieurs choses avec l'argent qu'il verse aux compagnies de cartes de crédit.

« Ça peut aider à payer un salaire ou des réparations dans le bar, des coûts [d'exploitation], affirme Marc Léger. Je n'essaye pas vraiment de calculer et voir combien d'argent je peux [économiser] là-dedans sinon je perdrais le sommeil et j'ai d'autres choses à m'occuper. »

Le professeur Bouaziz doute que le gouvernement intervienne dans cette histoire en raison de l'économie canadienne qui tend à promouvoir le laissez-faire dans les entreprises. Il compare la bataille des cartes de crédit à celle des coûts de la téléphonie mobile, qui demeurent parmi les plus élevés en Amérique du Nord.

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