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Front commun aux Îles pour la traverse Cap-aux-Meules-Souris

Les élus, comme les représentants du milieu des affaires et du monde communautaire, se mobilisent aux Îles pour que la traverse Cap-aux-Meules-Souris puisse continuer d'être gérée par les Madelinots de la CTMA (Coopérative de transport maritime et aérien).

Un texte de Joane Bérubé

La coalition demande au ministère des Transports d’exclure la desserte entre les Îles-de-la-Madeleine et l’Île-du-Prince-Édouard du processus d’appel d’offres qu’il s’apprête à lancer.

Jusqu’à présent, la CTMA a toujours négocié son entente de service de gré en gré. Les Madelinots demandent que le service de traversier soit donc confié à la CTMA par une entente à long terme.

Ottawa a entamé au printemps une consultation sur les services de trois dessertes dans l’Est du pays.

Cette consultation concerne les traverses de Saint-John au Nouveau-Brunswick et Digby en Nouvelle-Écosse, ainsi que celle de Wood Islands à l’Île-du-Prince-Édouard et Caribou en Nouvelle-Écosse. Les ententes de financement entre Transports Canada et les entreprises maritimes qui assurent les services se termineront en mars 2018.

Ce printemps, Ottawa a annoncé son intention de revoir ces ententes et a lancé une demande d’intérêts auprès d’autres entreprises de transport maritime.

De grandes compagnies, dont BC Ferries, dont le siège social est en Colombie-Britannique, ont répondu à l’appel d’information de Transport Canada. Le nouvel appel d’offres sera lancé pour une période de 20 ans.

Au cours de l’été, des visites aux Îles de représentants de certaines entreprises maritimes n’ont pas rassuré les Madelinots. Une récente rencontre entre la CTMA et la ministre du Revenu et ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane LeBouthillier, a ajouté à l’inquiétude.

Plus qu'une desserte entre deux ports

Le député des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale, Germain Chevarie, croit que les liens entre la CTMA et les Madelinots dépassent ceux d’une simple desserte maritime.

Pour les Madelinots, la coopérative n’est surtout pas une entreprise comme les autres. « On considère que c’est un service essentiel. On n’a pas d’autres liens maritimes contrairement aux utilisateurs des autres traverses », ajoute M. Chevarie.

Selon lui, l’apport sur les plans économiques, touristiques ainsi que sur celui de la gouvernance locale doit être considéré par Ottawa.

« La gestion de ce service par une entreprise locale est un grand atout pour nous : retombées directes et indirectes majeures en matière d’emplois et d’achat local, entreprise ancrée dans la communauté ce qui facilite les liens, prise de décision rapide et efficace en cas de crise » fait valoir pour sa part le maire sortant et candidat à la mairie des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.

Appui de la ministre LeBouthillier

La ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane LeBouthillier, se dit très consciente des impacts qu’aurait pour les Madelinots une entente entre son gouvernement et un autre transporteur.

« Ce sont 500 emplois directs, rappelle Mme LeBouthillier, pour une entreprise du même type à Montréal, on parlerait de Bombardier avec 5000 emplois. » Elle promet de s’assurer que le lien maritime Souris-Les Îles soit traité indépendamment des autres traverses.

Cette dernière s’engage aussi à transmettre en mains propres à son collègue la demande de la coalition qui souhaite rencontrer le ministre des Transports, Marc Garneau.

Fondée en 1944, la CTMA, qui a son siège social aux Îles, génère une masse salariale annuelle de 19 millions de dollars et des retombées économiques locales de 35 millions de dollars.

L’entreprise maritime opère le service de traversier entre Cap-aux-Meules et Souris depuis 1971.

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