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Gaz naturel : l’épuisement des réserves fait craindre une hausse des prix dans les Maritimes

L'entreprise qui exploite le gazoduc principal en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick affirme que les consommateurs doivent s'attendre à des hausses de prix d'ici deux ans, lorsque les réserves de gaz naturel de l'Île de Sable seront épuisées.

Selon Mike Whalen, de Maritimes and Northeast Pipeline, les abondantes réserves de gaz naturel de l’Ouest canadien et des États-Unis ne seront pas suffisantes pour empêcher cette escalade des prix, à cause du prix du transport de ce gaz vers les Maritimes.

« La grande question qui se pose, c’est de savoir si les marchés locaux peuvent absorber une augmentation des prix », a déclaré M. Whalen lors d’une conférence sur l’énergie mercredi, à Halifax.

La conférence organisée par l’association de l’industrie énergétique des Maritimes s’intéressait aux conséquences de la fin l’exploitation, en 2020-2021, des champs gaziers exploités par ExxonMobil (Sable) et par la société Encana (Deep Panuke) au large de l’Île de Sable.

La compagnie qui vend le gaz naturel aux consommateurs de la Nouvelle-Écosse, Heritage Gas, a signé des contrats à long terme avec des fournisseurs de gaz extérieurs et mise sur un projet d’entreposage de gaz naturel près de Stewiacke, au centre de la province, pour prévenir une augmentation draconienne des prix.

Le président de l’entreprise, John Hawkins, reconnaît toutefois qu’il y a de l’incertitude en ce qui concerne les tarifs futurs du transport du gaz par pipeline.

ExxonMobil avait signé une entente à long terme avec Maritimes and Northeast Pipeline pour stabiliser les prix, mais elle arrive à échéance l’an prochain.

Des terminaux de gaz naturel liquéfié

Deux projets de terminaux de gaz naturel liquéfié, en Nouvelle-Écosse, pourraient changer la donne.

Par exemple, le projet Goldboro, de la société albertaine Pieridae, a récemment retenu les services de la banque Morgan Stanley pour l’aider à recueillir les 10 milliards de dollars nécessaires pour construire le terminal.

Si le projet se réalise, il permettrait d’importer des volumes de gaz naturel liquéfié semblables à ce que produisait le projet de l’Île de Sable, au plus fort de la production.

« Le résultat, c’est que nos prix chuteraient, le prix du transport à travers la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick baisserait énormément », a affirmé Mike Whalen, de Maritimes and Northeast, à la conférence.

Ce n’est toutefois pas la première fois qu’un projet de terminal de gaz naturel est proposé, en Nouvelle-Écosse. La compagnie américaine Anadarko avait même commencé à en construire un à Bear Head il y a 14 ans, mais a fermé le chantier en 2011 lorsque le gaz de schiste a commencé à inonder les marchés nord-américains.

Le flux du gaz naturel inversé

Entre-temps, la diminution des réserves de gaz naturel au large de la Nouvelle-Écosse a déjà modifié les flux dans le pipeline de Maritimes and Northeast, qui part de la côte atlantique, en Nouvelle-Écosse, et se rend jusqu’à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Maine.

En 1999, 100 % du gaz qui circulait dans ce pipeline devait du projet de l’Île de Sable. L’an dernier, le pipeline a seulement transporté le gaz de la Nouvelle-Écosse vers le sud pendant trente jours. Le reste de l’année, les flux étaient inversés : le gaz arrivait dans les Maritimes plutôt que d’en sortir.

Et le prix de ce gaz importé était tellement élevé qu’un des plus grands consommateurs de la Nouvelle-Écosse, Nova Scotia Power, a préféré, bien souvent, le mazout au gaz naturel pour alimenter ses centrales.

« Il arrive que le prix de ce gaz soit 10 fois celui du mazout », a expliqué Angela Trenholm, de Nova Scotia Power.

D'après des informations de Paul Withers, CBC

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