Les représentants syndicaux affirment que General Motors supprimera jusqu'à 600 emplois à son usine d'assemblage située près de London.

Selon Mike Van Boekel, porte-parole de l'unité locale 88 d'Unifor, les mises à pied auront lieu en juillet à l'usine d'assemblage CAMI de General Motors, à Ingersoll, qui compte 2800 membres d'Unifor.

Jusqu'à 600 emplois devraient être supprimés par le constructeur automobile.

Mike Van Boekel dit que l'annonce a été faite vendredi matin et est directement liée à la décision de GM de transférer la production du véhicule GMC Terrain au Mexique.

Dans une brève déclaration écrite, GM Canada affirme avoir informé le syndicat des impacts liés à des changements de produits et à une transition à son usine CAMI.

« Nous continuons de travailler avec nos partenaires d'Unifor pour gérer cet ajustement avec toutes les mesures à notre disposition dans le cadre de la convention collective », affirme le constructeur automobile.

Une trahison, selon le président d'Unifor

Le président national d'Unifor, Jerry Dias, affirme dans un communiqué que ces 600 mises à pied représentent une « trahison et montrent pourquoi l'ALENA est un accord horrible pour les employés canadiens ».

C'est un autre exemple qui montre comment les bons emplois sont déplacés du Canada pour des emplois moins bien rémunérés au Mexique et Unifor ne laissera pas faire sans se battre.

Jerry Dias, président d'Unifor

Selon lui cette délocalisation de la production du GMC Terrain n'est pas justifiée quand la demande et les ventes de ce véhicule, tout comme celles de l'Equinox, demeurent importantes.

Il précise aussi que l'usine CAMI d'Ingersoll n'avait pas été incluse dans les dernières négociations contractuelles qui avaient permis d'obtenir plus de 1,5 milliard de dollars d'investissement au Canada de la part des 3 grands constructeurs automobiles américains.

La convention collective entre GM et les employés d'Ingersoll est en cours de négociation avec une date butoir à l'automne.

Unifor représente plus de 23 000 employés de l'industrie automobile au Canada.

Renégocier l'ALENA?

Jerry Dias croit que cette nouvelle devrait alerter le gouvernement fédéral sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

[L'ALENA] doit être renégocié. Il est impératif que nous ayons des règles qui permettent d'assurer de bons emplois au Canada.

Jerry Dias, président d'Unifor

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains dit être inquiet de l'impact de ces pertes d'emploi sur les employés et leurs familles, mais assure rester optimiste quant à l'avenir de l'industrie automobile canadienne.

« Le secteur canadien de l'automobile est fort et positionné de façon unique pour concevoir et construire les voitures d'aujourd'hui et de demain grâce à nos citoyens, nos technologies et nos compagnies », affirme-t-il.

Il réfute aussi l'idée que le Canada perd des emplois à cause de l'ALENA.

Nous ne perdons pas des emplois au sud de la frontière ou à Mexico parce que nous n'avons pas un libre échange suffisant. Nous les perdons parce que nous ne sommes pas compétitifs, que ce soit par rapport au coût de la main-d'oeuvre ou de l'énergie.

Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique

Navdeep Bains rappelle aussi que l'ALENA a été signé avant l'arrivée de l'Internet et qu'« à condition que nous nous assurions que c'est dans l'intérêt des Canadiens, évidemment, il y a des choses qui peuvent être améliorées dans l'ALENA ».

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