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Grève annoncée à la Régie des alcools de l'Ontario dès le 26 juin

Les jours qui précéderont les festivités du 1er juillet risquent d'être difficiles pour la clientèle de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO). À moins d'un revirement de situation, les quelque 7500 employés de la société provinciale entameront une grève générale le 26 juin prochain, faute de pouvoir s'entendre avec l'employeur sur un nouveau contrat de travail.

Un texte de Godefroy Macaire Chabi

Fin avril, les employés de la société ontarienne avaient voté à 93 % en faveur d'un mandat de grève. Or, à minuit le 26 juin, ils seront dans une position légale pour cesser toute activité. Si la grève va de l'avant, des lignes de piquetage se feront devant les succursales.

Pour l'instant, le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEPFO) ne précise pas la durée exacte de la grève. Le syndicat refuse aussi de croire que le choix de la date a été influencé par les célébrations de la fête du Canada.

Chaque jour de grève devrait coûter entre cinq et dix millions de dollars, selon le syndicat, ce qui le pousse à penser que l'employeur ne prendra pas un tel risque.

« On veut absolument essayer de régler nos différends, discuter et atteindre un contrat [de travail] qui est juste », a indiqué le président de la section locale pour la LCBO à Sudbury du SEPFO, Jamie Kingsley.

La direction de la LCBO s'est engagée à ne pas faire de commentaire sur le sujet, mais espère que les prochains jours permettront de parvenir à un terrain d'entente.

Affrontement sur les questions salariales

La convention collective des employés de la LCBO est échue depuis le 31 mars 2017. Mais les négociations entamées avec l'employeur piétinent sérieusement depuis le début de l'année.

Au coeur du conflit, il y a les questions salariales. Selon M. Kingsley, près de 80 % des employés de la société travaillent à temps partiel.

« Il y a des employés qui travaillent deux heures par jour, sept jours par semaine et qui font moins que 30 000 $ par année. Alors, il y a des gens qui pensent que les employés de la LCBO sont très hautement payés, mais ce n'est pas toujours vrai », a relevé M. Kingsley.

Le SEPFO se soucie aussi de la santé et de la sécurité des employés travaillant parfois seuls dans de petites succursales.

Le projet d'expansion de la LCBO, en vertu duquel l'employeur pourrait autoriser la vente d'alcool dans les épiceries, représente une vraie pomme de discorde, puisque le syndicat y voit une forme de « privatisation par la porte arrière ».

Le syndicaliste déplore l'attitude de la direction de la LCBO, « qui a décidé d'adopter des positions des années 1930 ».

« L'employeur ne nous prend pas au sérieux, il nous a poussés à ce point (à la grève) », a-t-il affirmé.

La SAQ pourrait tirer avantage de la situation

La clientèle de la LCBO pourrait être contrainte de faire des choix en cas de mouvement.

« C'est un peu dérangeant, parce que ça change les habitudes de la clientèle », se désole Michel Vaillancourt, un consommateur.

Un autre consommateur, Miguel Martin, ne se fait aucun souci en cas de grève, puisqu'il pourra traverser la rivière pour aller acheter son produit du côté québécois.

« Ça ne me dérange pas tant que ça, ça ne me dérange pas de marcher », a dit M. Martin.

La Société des alcools du Québec (SAQ) n'a pas voulu dire de quelle façon elle compte profiter de la situation, se contentant de signaler qu'elle allait s'ajuster à la situation.

« On va s'adapter en fonction de l'achalandage et, surtout, on se concentrera sur notre marché », a indiqué Renaud Dugas, responsable des relations presse à la SAQ.

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