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Greyhound ne roulera plus dans l’Ouest canadien

L'entreprise d'autocars Greyhound cessera de desservir l'Ouest canadien le 31 octobre 2018. Tous les trajets de l'entreprise en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Colombie-Britannique sont visés par cette décision. La seule exception étant la liaison entre Vancouver et Seattle, aux États-Unis.

À la fin d’octobre, l’Ontario et le Québec seront les seules autres provinces où les autocars de l’entreprise continueront de sillonner les routes.

La décision de Greyhound Canada touche les services aux passagers et le transport de marchandises.

Une question de rentabilité, selon l'entreprise

« Cette décision est malheureuse et nous sympathisons avec les nombreuses petites villes qui vont perdre ce service », affirme le vice-président senior de Greyhound Canada, Stuart Kendrick.

« Mais pour dire les choses comme elles sont, les trajets que nous offrons dans les régions rurales du Canada, et en particulier dans l’Ouest du pays, ne sont plus viables », ajoute-t-il.

Selon Stuart Kendrick, 415 personnes perdront leur emploi. L’annulation du service aura un impact sur quelque deux millions de clients.

La diminution de la clientèle et la hausse des coûts de fonctionnement en sont en grande partie responsables, dit-il.

Baisse de la demande

Greyhound Canada indique que l'achalandage a baissé de 41 % depuis 2010. À ces difficultés s’ajoutent d’autres facteurs, tels que la concurrence des entreprises de transport subventionnées, l’arrivée de nouveaux transporteurs aériens à bas prix, les contraintes réglementaires et la culture de l’automobile, qui reste en progression continue au pays, indique le vice-président.

Stuart Kendrick précise que l’entreprise a informé les gouvernements de ses difficultés au fil des ans, et s’est assurée que tant le fédéral que les provinces étaient « pleinement conscients » de la situation. Greyhound Canada a longtemps milité pour un modèle de financement public qui aurait permis aux transporteurs privés d’obtenir la desserte de communautés rurales à la suite d’un processus d’appel d’offres.

Il affirme que l'entreprise va poursuivre ses représentations auprès du gouvernement fédéral pour que le transport soit amélioré dans les localités du nord.

« Ils se sont engagés à tenir compte de nos préoccupations, ils sont au courant, dit-il. Nos problèmes ne les surprendront pas, mais en même temps, ils ne se sont pas engagés à nous soutenir financièrement. »

« Nous avons subi des pertes significatives en dépit de nos efforts pour retrouver la viabilité financière, poursuit-il. Dans les régions concernées, nous accusons des déficits depuis 2004 et les pertes substantielles que nous avons eues sont le résultat direct du déclin de la clientèle. »

Service maintenu dans l'est

Tous les trajets de Greyhound en Ontario et au Québec sont maintenus, sauf celui qui relie Sudbury, en Ontario, à Winnipeg, au Manitoba, et qui effectue de nombreux arrêts dans de petites localités le long de la Transcanadienne.

Selon Stuart Kendrick, cela signifie que la majorité des communautés concernées perdront leur seule option de transport.

Cette nouvelle réduction de service fait suite à l'interruption de plusieurs liaisons en Colombie-Britannique et de son retrait du Yukon, le 1er juin.

L'absence de transport adéquat dans les communautés nordiques a fait partie des enjeux récurrents aux audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFADDA). L’autoroute 16, en Colombie-Britannique, porte le triste surnom de la Route des larmes, plusieurs femmes y ayant été portées disparues.

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