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Hausse de prix : un Canadien sur quatre mange moins de fruits et légumes frais

L'importante hausse du coût des fruits et légumes frais a eu des répercussions sur les habitudes de consommation des Canadiens.

Un reportage d'Audrey Roy

Selon un sondage du Food Institute de l'Université de Guelph et de l'Université Dalhousie, plus de 26 % des Canadiens ont réduit leur consommation de fruits et légumes frais au cours des 12 derniers mois.

En moyenne, leur prix a augmenté de près de 15 % en un an.

Les consommateurs ont remarqué les prix élevés de la laitue, des tomates et des oranges. Le chou-fleur à 8 $ au mois de janvier a fait sursauter les clients des épiceries et les internautes. Ils ont été nombreux à les bouder et à se tourner vers d'autres produits.

Parmi les 1007 répondants au sondage téléphonique mené du 12 au 14 mai 2016, 66,9 % affirment que les prix élevés les ont empêchés d'acheter au moins une sorte de fruit ou de légume frais. L'étude bilingue a été menée d'un bout à l'autre du pays et 96 % des répondants ont répondu à toutes les questions. 

Les consommateurs sont d'ailleurs plus nombreux à se tourner vers les fruits et légumes congelés ou vers les jus pour avoir accès aux nutriments dont ils ont besoin. Parmi les répondants, 27,7 % affirment avoir acheté des produits surgelés pour réduire leur facture d'épicerie.

« 45 % des Canadiens ont opté pour le surgelé, ce qui est quand même élevé, mais 16 % des Canadiens ont décidé d'opter pour les jus. On sait très bien que certains jus ne sont pas aussi nutritifs que d'autres », souligne Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique alimentaire à l'Université Dalhousie.

Les ménages à faibles revenus sont les plus vulnérables

L'expert se dit préoccupé par le fait que la majorité des ménages à revenu faible ont opté pour des jus comme solution de rechange.

« J'ai l'impression qu'on a un segment de la population qui est très vulnérable aux fluctuations de prix. Les ménages un peu moins éduqués, qui n'ont pas accès à autant d'informations et qui ont moins d'argent vont être plus vulnérables », croit M. Charlebois.

Le sondage démontre que les gens à plus faibles revenus sont souvent plus sceptiques quant aux raisons invoquées pour les hausses de prix des aliments. « Si 39 % des gens doutent des raisons qu'on invoque pour justifier les augmentations, il y a probablement un problème », dit-il.

Sylvain Charlebois ajoute que les consommateurs les mieux avertis sont souvent en meilleure position pour contrer les effets de la volatilité des prix.

Et la santé, dans tout ça? 

Rappelons que le prix du boeuf a augmenté de 30 % depuis 2012. L'expert Sylvain Charlebois souligne que contrairement à la viande bovine, il y a peu ou pas de substituts aux fruits et légumes sur le marché.

« Dans le cas du boeuf, on peut toujours acheter du poulet, du porc, des protéines végétales. Mais dans le cas des fruits et légumes, si on n'a pas les moyens d'acheter des fruits et légumes, il n'y a pas grand-chose, à part peut-être du surgelé ou des jus », explique-t-il.

Il pense qu'il faudra certainement rappeler l'importance de continuer à acheter et à consommer des fruits et légumes frais. « C'est important, sinon on risque de voir des gens plus malades et moins en santé ».

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