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Hausse des tarifs d’électricité : une facture salée difficile à digérer

En audience publique avec des représentants de la Régie des services publics vendredi des Manitobains ont unanimement décrié l'augmentation tarifaire de 7,9 % demandée par Hydro-Manitoba, en en soulignant les effets négatifs possibles.

Hydro-Manitoba veut être autorisée à augmenter ses tarifs de 7,9 % dès le mois d'avril et à renouveler cette augmentation annuellement jusqu’en 2023-2024. À la fin de cette période, les usagers paieront leurs services d’électricité 60 % plus cher : une consommation facturée à 1000 $ cette année coûtera 1600 $ en 2024.

L’augmentation demandée est nécessaire en raison de la dette contractée au cours de deux importantes constructions, soit celles de la centrale hydroélectrique Keeyask et de la ligne de transmission Bipole III, selon Hydro-Manitoba. La société d’État affirme qu’un gel des tarifs la mettrait dans une situation difficile.

Difficile pour les fermiers et les entreprises

Le président de Keystone Agricultural Producers et producteur agricole Dan Mazier utilise des systèmes géothermiques et solaires dans sa ferme. Malgré cela, ses factures d'électricité s'élèvent à plusieurs milliers de dollars. Il demande à la Régie d'accorder des hausses de tarifs plus faibles et de les répartir sur une plus longue période de temps pour permettre aux fermiers de s’y adapter. « C’est une hausse trop rapide pour ce que je vois en agriculture », indique-t-il.

M. Mazier estime que les producteurs manitobains seront rapidement moins compétitifs si la hausse proposée est acceptée. Il demande par ailleurs à la Régie de trouver un moyen d’améliorer la transparence d’Hydro-Manitoba à la suite des dépassements de coûts observés dans la gestion des grands projets de construction.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a sondé ses 4800 membres manitobains et affirme que la hausse des tarifs aurait des conséquences importantes sur leurs affaires. Les données recueillies démontrent que 29 % des propriétaires de petites entreprises mettraient en veilleuse leurs projets et que 18 % réduiraient leur personnel en raison des hausses proposées, explique Jonathan Alward, le directeur de la section manitobaine de la FCEI.

Des particuliers alarmés

La Régie a aussi entendu Rebecca Trudeau. Cette Winnipégoise, qui rembourse encore son prêt étudiant, cumule deux emplois et vit en colocation dans un appartement pour arriver à boucler ses fins de mois. Elle soutient qu'une hausse importante des tarifs d’électricité aura un effet important sur son revenu. « Cela aura certainement un impact sur ma situation et [sur mon épargne] », dit-elle.

Rebecca Trudeau propose que la hausse des tarifs varie selon le revenu des gens.

Ancien policier à Winnipeg, Gordon Barton indique que sa facture actuelle d’électricité de 3000 $ gruge près de 4 % de son revenu. « Une hausse de 7,9 % serait un désastre », dit-il. Il estime aussi qu’Hydro-Manitoba manque de transparence.

Les audiences publiques de la Régie des services publics sur la question se poursuivront jusqu’à la mi-février.