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Hausse du prix du boeuf : impacts importants pour de nombreux commerces

Depuis 2012, le prix du boeuf a augmenté de plus de 30 % au Canada. Cette hausse importante amène de nombreux impacts dans les commerces : vols, changements d'habitude de consommation et baisse de revenus. 

Un texte de Geneviève Proulx

Le propriétaire d'une boucherie de Sherbrooke dénonce les vols de viandes qui se multiplient à son commerce. Sébastien Jacques, de la Boucherie Clément Jacques, affirme se faire voler de 300 à 400 $ de viande par semaine. Un délit qui est devenu un fléau selon lui, depuis l'augmentation du prix du boeuf.

Le boucher n'a d'ailleurs pas hésité à publier une vidéo où un jeune met un paquet de boeuf dans sa poche pour le voler. « Ce sont de 300 à 400 $ en moyenne qui disparaissent dans nos comptoirs chaque semaine. Ça va vite! Quand on part avec 10 paquets de filet mignon, c'est 150 $ », raconte-t-il.

Les consommateurs n'ont d'autres choix que d'adapter leur consommation. « On est une petite famille. Quand on fait l'épicerie, on surveille surtout les soldes. Principalement, je vais bâtir mon menu en fonction des spéciaux. Mais oui, on s'en rend compte que ça fait une petite différence sur la facture d'épicerie », soutient une mère rencontrée dans un supermarché.

Encore du boeuf SVP!

À la Boucherie du Terroir, bien qu'il y ait toujours une clientèle prête à payer pour obtenir une pièce de boeuf de qualité, la quantité de ce type de viande vendue a diminué. « Ce qu'on fait, c'est qu'on pousse sur d'autres types de viandes comme le cheval, le bison, le poulet et le porc. Des fois, les gens vont nous faire faire des plus petites portions de viande hachée, de steak, un petit peu plus précis », explique le propriétaire de la Boucherie du Terroir, Patrick Cloutier.

Du côté de la Boucherie Face de boeuf, la vente du porc a augmenté, mais le boeuf reste tout de même la viande la plus populaire. « Étant donné que nous sommes producteurs, on sauve une étape. Nous avons donc pu limiter la hausse du prix. Il y a eu une hausse quand même. C'est sûr que ce n'est jamais le fun de payer plus cher pour ce qu'on a, mais en tant que producteur, on sait la réalité des coûts qu'engendre la production de bœuf. C'est plus réaliste en ce moment les prix », croit la gérante de cette boucherie, Sylvie Bouffard.

Ces prix élevés représentent tout un casse-tête pour de nombreux restaurateurs. Certains n'ont eu d'autres choix que de refiler la facture aux clients. « On a dû augmenter nos prix sur le menu, mais on ne peut pas donner 40 % d'augmentation sur le menu. On se retourne aussi sur d'autres produits pour essayer de compenser l'augmentation, mais les gens veulent le bœuf. Donc, ils acceptent quand même l'augmentation », croit le propriétaire, Stéphane Fournier.

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