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Hausse du salaire minimum : les agriculteurs ontariens inquiets

L'annonce de l'augmentation du salaire minimum à 15 $ d'ici janvier 2019 en Ontario fait souffler un vent de panique chez les agriculteurs qui prévoient un avenir sombre pour leur secteur dans les prochaines années.

Un texte de Marine Lefèvre

« C’est un cauchemar », confesse Ken Forth de l'Association des fruiticulteurs et des maraîchers de l'Ontario qui souligne que si une hausse était attendue, son ampleur et sa date d'entrée en vigueur sont une énorme surprise.

Selon lui, cette hausse va faire du tort à l'industrie, notamment dans le secteur des fruits et légumes.

« C'est un marché international où les prix sont déterminés par ceux qui produisent le moins cher », explique-t-il tout en précisant qu'il est difficile de faire concurrence à des producteurs de pays qui paient la main-d'oeuvre aussi peu que 50 ¢ de l'heure, comme c'est le cas au Mexique.

George Gilvesy, président de l’Association des producteurs de légumes en serre, estime que cette hausse va coûter au moins 30 millions de dollars la première année et 40 millions par la suite.

Il explique que le milieu agricole a une entente avec la province depuis plusieurs années qui prévoit une augmentation du salaire en fonction de l’inflation. Un processus qui pouvait être planifié, ce qui n'est pas le cas cette fois-ci, ajoute-t-il.

« Ça représente environ 35 % de hausse de nos coûts de main-d’oeuvre. Aucune entreprise ne peut absorber ce type d’impact en un délai aussi court ».

Des salaires qui doivent rester compétitifs

Le problème est d’autant plus sérieux que de nombreux travailleurs gagnent à l’heure actuelle déjà bien plus que le revenu minimum, explique Keith Currie, président de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario.

Les salaires en production agricole ont augmenté de façon importante ces dernières années pour tenter de garder des travailleurs en région.

« On doit payer des salaires substantiellement plus importants que le salaire minimum, donc s’il y a une hausse du salaire minimum, nous devons suivre afin de conserver des salaires compétitifs et attrayants pour les employés », note-t-il.

Selon lui, bien des travailleurs agricoles réfléchiront à deux fois avant de rester dans ce secteur d'activité si leurs salaires n’augmentent pas.

L'avenir de l'agriculture ontarienne

« L’avenir de l’agriculture est sombre, selon M. Gilvesy, avec cette politique qui s’ajoute à la politique énergétique de la province. Cela va être difficile de continuer à avoir des entreprises viables ou en expansion. »

Tous s'attendent à des fermetures d'exploitations, notamment des plus petites.

Selon M. Forth, qui produit des brocolis, la survie de son exploitation tiendra du miracle.

Dans ce contexte, les leaders du secteur réclament une rencontre d'urgence avec la première ministre, Kathleen Wynne, pour trouver des solutions.

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