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Hausse du salaire minimum : une ligne téléphonique pour dénoncer la perte d'avantages sociaux

En ouvrant une ligne de téléphone pour les employés qui perdent leurs acquis et avantages sociaux à la suite de la hausse du salaire minimum, un syndicat d'Ottawa veut alerter le grand public pour qu'il puisse choisir de fréquenter ou non les commerces où ces pratiques sont répandues.

Environ 75 appels ont été reçus pour dénoncer des pratiques abusives dans la restauration, 72 heures après l'ouverture de la ligne.

Le président du Conseil du travail d'Ottawa et du district, (OCDL) Sean McKenny, veut ainsi porter à l'attention du public le fait que « certains employeurs sortent un texte de loi dans le dos des employés », une pratique à laquelle le syndicat s'oppose.

« Si le public est au courant qu’un restaurant en particulier, qu’une boutique ou un autre commerce dans leur ville a retiré des avantages, des vacances ou des pauses à ses employés […] nous pensons que le public doit savoir et décider s’il veut ou non continuer à aller dans le restaurant ou le commerce en question », souligne M. McKenny.

La semaine dernière, les propriétaires d'un Tim Hortons près de Toronto ont soulevé un tollé après avoir indiqué à leurs employés qu'ils perdraient leurs pauses payées et leurs avantages sociaux en raison de la hausse du salaire minimum, désormais de 14 $, dans la province.

Lorsqu’elle a pris connaissance du traitement que les employeurs réservaient à ses employés, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a indiqué par communiqué qu’elle était « très contrariée ».

Le professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa Gilles LeVasseur craint que sans vérification auprès des employeurs, ce système ne découle sur des abus.

« Le danger, c'est que l'on ne doit pas utiliser ça comme étant un système de publicité d'un comportement de l'employeur », souligne le professeur.

De son côté, Sean McKenny, d'OCDL, assure vérifier les dénonciations et respecter l'anonymat des employés.

« Nous voulons identifier les employeurs et protéger l’identité des employés », conclut-il.

Pour sa part, la députée provinciale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, dont le gouvernement a voulu cette hausse salariale, estime que cette démarche peut « aider le débat public ».

« Je n’ai pas de problèmes à ce que les travailleurs aient l’occasion de dénoncer ce qu’ils voient comme étant des pratiques mesquines et un peu abusives et que ce soit mis sur la place publique, il n’y a pas de mal à ça », juge-t-elle.

Mme Des Rosiers pense que cette démarche s'inscrit dans un mouvement de sensibilisation des « consommateurs à ce qu'ils achètent ».

Le 1er janvier, le salaire minimum en Ontario est passé de 12,40 $ à 14 $. Il sera de 15 $ en 2019.

Avec les renseignements de Claudine Richard