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Homard : des prix quasi historiques au Nouveau-Brunswick

Les homardiers du sud-est du Nouveau-Brunswick pourraient bénéficier d'une hausse des prix pour leurs prises dans les prochains jours ou les prochaines semaines, eux qui reçoivent présentement de 6 à 6,50 $ la livre.

Un texte de Antoine Trépanier

En entrevue à Radio-Canada, le directeur général de l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) explique que la pression des marchés sur les prix et l'abondance du homard permettrait aux pêcheurs de toucher plusieurs cents supplémentaires par livre.

« Il faut peut-être retourner à une dizaine d'années pour voir des prix du genre. C'est vrai que c'est rare qu'on eût des débarquements assez élevés et des marchés assez élevés en même temps, ce n'est pas quelque chose qu'on voit fréquemment », a déclaré Christian Brun.

Maurice Guimond, du marché de poisson de Moncton, explique que l'augmentation des prix du homard a inévitablement un impact sur la facture que le consommateur paiera. Toutefois, la baisse des ventes n'est pas aussi significative qu'anticipé.

« Les clients qui passent la porte ont un envi de homard donc ils vont en acheter. Je trouve que pour quantité de homard et pour la période de l'année, on en vend beaucoup », affirme M. Guimond.

Au Quai Aboiteau, toutefois, les affaires n'ont pas semblé ralentir durant l'été. Le copropriétaire de cette poissonnerie et restaurant, Roland Cormier, soutient que la hausse des prix n'a pas eu d'impact sur la clientèle qui était toujours présente. Ce dernier s'est même dit soulagé par le phénomène qui aura, selon lui, un impact positif sur la communauté de Cap-Pelé. Le village repose beaucoup sur la pêche et plusieurs des résidents sont pêcheurs ou encore travailleurs d'usines de transformation.

« Je suis content que le pêcheur a le prix qu'il mérite parce que ça fait des années qu'il va pêcher et il y a une couple d'années, ils n'avaient pas la prise et pas le prix », dit M. Cormier.

Pour sa part, le capitaine Jean-Pierre Cormier dit que la saison est très bonne et qu'il est motivant d'aller pêcher.

« Je suis content. L'année passée j'ai fini à 5 ou 5,50 $. Maintenant c'est rentable, en plus que la mesure a augmenté et qu'elle continue d'augmenter, c'est rentable », explique-t-il.

Le homard canadien de l'Atlantique est de plus en plus populaire en Asie et la demande sur les marchés internationaux est des plus fortes. La ressource est également abondante présentement, quoi qu'elle se soit stabilisé selon des membres de l'industrie.

« Puisqu'il y a moins de produits et moins de produits à vendre, les prix vont naturellement augmenter », explique le directeur général du Conseil du homard du Canada, Geoff Irvine.

Ce dernier affirme que 180 millions de livres de homard (81 646 626,6 kg) ont été pêchées au Canada l'année dernière. Toutefois, plutôt qu'augmenter comme dans les dernières années, le nombre de homards devrait se stabiliser en 2016.

Ceci dit, les conditions actuelles ne font pas célébrer les pêcheurs néo-brunswickois pour autant, eux qui font preuve d'une « extrême prudence » selon Christian Brun.

« Avec les expériences des 20 dernières années, ils ont connu quand même des problèmes assez sérieux pour leur rentabilité. Quand ils rentrent dans des moments où la situation est plus confortable, je pense qu'ils pensent à l'avance et à ce que c'était dans le passé. Ils sont prudents », explique-t-il.

Avec des informations de CBC

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