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Hydro-Manitoba est une « bombe à retardement », dit le président du CA

Le président du conseil d'administration d'Hydro-Manitoba, Sandy Riley, sonne l'alarme, affirmant que la « très mauvaise situation financière » de la société d'État risque de nuire énormément à l'économie provinciale.

« Nous voulons que les gens comprennent qu’il s’agit d’un grand problème, pas d’un petit souci. Et ce, non seulement pour nous [à Hydro-Manitoba], mais aussi pour le gouvernement provincial et la population du Manitoba. Hydro-Manitoba est une bombe à retardement », explique son président.

L’image de la situation financière d’Hydro-Manitoba s’est précisée, dit M. Riley, lorsque le nouveau conseil d’administration – nommé en mai 2016 – a examiné ses livres comptables.

[Les anciens membres du c.a.] ont eu tort, c’est aussi simple que ça. Nous ne sommes pas du tout d’accord avec eux. Nous ne sommes pas d’accord avec leur façon d’agir et nous ne parvenons pas aux conclusions auxquelles ils sont parvenus.

Sandy Riley, président du conseil d'administration d'Hydro-Manitoba

M. Riley affirme qu’en plus des 900 congédiements et hausses tarifaires, la société d’État veut que la province intervienne avec un apport en numéraire pour pouvoir combler un déficit budgétaire de 4,5 à 5 milliards de dollars.

Le président n’indique pas combien d’argent de la part du gouvernement provincial serait nécessaire pour assainir les finances d’Hydro-Manitoba, mais laisse entendre qu’il ne s’agirait pas de la totalité du déficit.

En outre, d’importants projets d’immobilisation, dont la ligne de transmission Bipole III et la centrale hydroélectrique Keeyask, exercent des pressions sur l’entreprise alors que celle-ci a déjà dépassé les budgets prévus.

L’homme d’affaires soulève que la situation financière d'Hydro-Manitoba est si désastreuse que, sans l’intervention du gouvernement provincial, il faudrait probablement augmenter le prix de l’électricité de plus de 10 %.

Conséquences sur les cotes de crédit de la province

Le président du conseil d'administration souligne que certaines agences de notation de crédit sont en train d’ajouter le déficit d’Hydro-Manitoba à la dette provinciale, ce qui pourrait causer une décote du crédit du Manitoba entraînant des centaines de millions de dollars en coûts de service de la dette.

Dans ce cas, Manitoba deviendra la province ayant la dette par habitant la plus élevée du pays.

Sandy Riley, président du conseil d'administration d'Hydro-Manitoba

« Même si la baisse de notation n’entraîne qu’une augmentation de 1 % en coûts de service, comme la dette combinée du Manitoba et d’Hydro Manitoba est de 50 milliards de dollars, ça veut dire que, chaque année, 500 millions de dollars de plus seront transférés aux contribuables », prévient M. Riley.

Maintenir le cap

Dans un communiqué envoyé à CBC/Radio-Canada, mardi, le premier ministre Brian Pallister attribue l’actuel « état d’urgence » financier d’Hydro-Manitoba à « 17 ans de gestion et de décisions politisées de l’ancien gouvernement néo-démocrate ».

M. Pallister confirme d’ailleurs que le gouvernement provincial n’outrepassera pas les contrôles des agences publics.

« Nous surveillons de près les efforts qu’emploie Hydro-Manitoba pour redresser sa situation financière et nous examinerons et étudierons les propositions avancées par la compagnie. Bien que nous partagions les préoccupations des entreprises et des familles manitobaines quant aux importantes hausses de tarifs, il existe déjà des processus à la Régie des services publics permettant de régler les questions tarifaires », note-t-il.

Le premier ministre convient qu’il serait prématuré de commenter d’autres plans envisagés ou toujours en cours d'élaboration à Hydro-Manitoba.