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Hydro-Manitoba sur la sellette aux audiences publiques de l'Office national de l'énergie

Dans le cadre des audiences publiques de l'Office national de l'énergie (ONE) sur le projet de ligne de transmission Manitoba-Minnesota, des représentants de Premières Nations et des propriétaires terriens ont questionné le projet d'Hydro-Manitoba.

Selon les Premières Nations qui ont témoigné, Hydro-Manitoba et les gouvernements provincial et fédéral n’ont pas respecté l’obligation constitutionnelle de consultation.

L’avocat représentant la Première Nation de Sagkeeng, Corey Chefman, affirme que les Premières Nations n’ont obtenu aucune explication approfondie sur l’impact réel du projet.

Or, dit-il, « 30 % du projet se situe sur des terres de la Couronne, ces mêmes terres que les chasseurs et trappeurs Sagkeeng ne pourront plus utiliser ». Il explique que la population de Sagkeeng craint des conséquences néfastes sur les orignaux, mais aussi sur la flore locale qu’elle utilise à des fins médicinales.

Par ailleurs, les Premières Nations déplorent le manque d’aide financière octroyée par Hydro-Manitoba à certains peuples autochtones pour faciliter leur participation au projet.

Quant aux propriétaires terriens, ils s’inquiètent des dégâts que les travaux pourraient causer aux sols et aux cultures. Ils estiment, en outre, qu’Hydro-Manitoba utilise la méthode « à prendre ou à laisser » : s’ils ne signent pas l’accord de servitude proposé, ils perdront leur terrain en étant expropriés. Hydro-Manitoba conteste ces affirmations, expliquant privilégier le dialogue et ne mentionner l’expropriation qu’en dernier recours.

La société d’État affirme être à l’écoute des inquiétudes et vouloir y répondre par des mesures adéquates.

Ses représentants ont souligné les opportunités qu’offre le projet sur le plan de la création d’emplois, de même que l’absence d’impact majeur pour l’environnement, d’après l’évaluation réalisée par Hydro-Manitoba. Ils affirment aussi que la ligne permettra de réduire les coûts de l’importation d’énergie à la frontière américaine, et donc de diminuer les prix pour les consommateurs.

Des audiences jusqu'à vendredi

Au total, 19 organisations et individus ont demandé à l’ONE d’intervenir lors des audiences, dont 12 sont issus de Premières Nations ou de groupes représentant les Autochtones.

Dans sa description de projet disponible sur le site de l’ONE, Hydro-Manitoba propose de construire et d’exploiter une ligne de transmission internationale de 500 kilovolts allant de sa station de conversion Dorsey, au nord-ouest de Winnipeg, jusqu’à la frontière avec le Minnesota, près de Piney.

« Compte tenu de la conception et du tracé proposé, la construction […] nécessitera la modification de deux lignes existantes d'Hydro-Manitoba ainsi que de certaines installations et lignes de transport d’électricité de la société d'État à l’intérieur des limites de la province », peut-on lire sur le site web de l’Office national de l’énergie.

Des gens qui résident le long du parcours prévu ont déjà fait part de leur désaccord au sujet du projet.

L’ONE souhaite que le projet soit sécuritaire pour la population et qu'il ne présente aucun risque pour l'environnement.

Elle poursuivra les audiences jusqu’à vendredi. L’Office national de l’énergie a ensuite jusqu’en mars 2019 pour remettre ses recommandations au ministre fédéral des Ressources Naturelles, Jim Carr, qui autorisera ou non la construction de la ligne de transmission.

Si Hydro-Manitoba obtient l'approbation du gouvernement fédéral, elle espère terminer la ligne de transmission de 213 km en 2020. L'estimation des coûts du projet est de 350 à 453 millions de dollars.

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