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Hydro-Québec : moins de primes pour les employés, mais plus pour les cadres

Hydro-Québec a versé des primes moins importantes à ses employés l'an dernier, après avoir modifié leur mode de rémunération sans toutefois toucher à celui de ses cadres de direction et de ses hauts dirigeants, qui ont reçu plus d'argent.

La rémunération incitative des employés de la société d'État a totalisé 22,2 millions de dollars en 2016, comparativement à 36,3 millions de dollars l'année précédente, révèlent des données obtenues par La Presse canadienne.

Seuls les membres de la direction ainsi que les hauts dirigeants ont obtenu un montant plus élevé, soit 5,45 millions de dollars, en hausse de 9 % sur un an. L'an dernier, ils étaient 145 à se partager cette somme, comparativement à 135 en 2015.

« Nous avons mis en place une unité pour réaliser des acquisitions et faire grimper le chiffre d'affaires, et ces nouvelles activités sont à l'origine de la progression du nombre de cadres », explique le vice-président aux ressources humaines chez Hydro-Québec, Bruno Gingras.

En 2016, la part du lion des primes – soit 15,3 millions de dollars – a été versée aux quelque 1500 cadres et membres de la haute direction de la société d'État. Pour leur part, environ 1430 professionnels ont reçu 6,96 millions de dollars.

M. Gingras a expliqué que la société d'État avait décidé de ne pas toucher à la façon de rémunérer ses cadres de direction et autres patrons afin de « demeurer concurrentielle » lorsque vient le temps d'en recruter à l'externe.

À sa première année aux commandes de la société d'État, en 2015, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel, a touché une prime de 119 450 $ pour six mois de travail, un montant qui est venu s'ajouter à son salaire de base de 517 625 $.

Le montant pour l'exercice 2016 sera dévoilé dans le prochain rapport annuel, mais on peut s'attendre à ce que sa prime soit d'environ 250 000 $, puisque ce dernier a droit à une rémunération incitative pouvant atteindre 50 % de son salaire de base.

Afin de verser des primes, Hydro-Québec devait générer un bénéfice net de 2,55 milliards de dollars – un montant qualifié de « déclencheur financier » – en 2016. Ses profits ont été de 2,86 milliards de dollars, ce qui constitue un recul de 2,8 % par rapport à 2015.

Au sein de la société d'État, les primes au rendement versées au personnel oscillent entre 3 % de leur salaire de base et peuvent atteindre 50 % dans le cas de M. Martel.

Changement du mécanisme

L'an dernier, la société d'État dit avoir versé près de 14 millions de dollars de moins en primes, en réduisant de 5 % la rémunération incitative pour la majorité de ses cadres, de ses professionnels, des adjoints administratifs et secrétaires de direction, en plus de l'abolir pour les employés non régis par une convention collective.

Par contre, depuis le début de l'année, elle a consenti à relever de 4,5 % l'échelle salariale de ses cadres intermédiaires alors que celle de son personnel non régi par une convention collective a grimpé de 4,2 %.

Cette mesure fait en sorte que plus de 2500 employés reçoivent un salaire de base plus élevé en contrepartie d'une baisse de leur rémunération incitative.

M. Gingras a fait valoir qu'au bout du compte, ces changements ont fait diminuer la masse salariale de la société d'État, sans toutefois dévoiler de données appuyant ses propos.

« Les modifications nous ont permis d'obtenir l'équivalent d'un gel de salaire de deux ans chez nos employés, a-t-il dit. La contrepartie a été d'intégrer une partie de la rémunération incitative dans le salaire de base. »

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