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« Il faut casser le monopole d'Air Canada », dit Régis Labeaume

Le maire de Québec s'est livré à une charge à fond de train contre le transporteur Air Canada, vendredi, accusant l'entreprise d'être responsable des prix trop élevés des billets dans la province.

Un texte de Carl Marchand

Régis Labeaume a fait cette déclaration en marge du Sommet sur le transport aérien régional qui se tient vendredi à Lévis, se livrant au passage à une analyse du système économique en place au pays.

« On ne peut pas accepter un monopole comme celui-là en 2018. Vous savez Air Canada, quand on les conteste un peu, comme par hasard, le prix des billets baisse », a ironisé le maire.

Il affirme que le transporteur abaisse ses prix lorsqu'un concurrent s'installe dans un aéroport, mais les remonte aussitôt.

« Quand la compagnie n'est pas capable de suivre et elle s'en va, ils [Air Canada] remontent les prix, c'est vraiment le côté le plus laid du capitalisme. »

Les frais exigés par l'Aéroport international Jean-Lesage à Québec seraient également responsables des difficultés à attirer des transporteurs dans la capitale nationale, juge le premier magistrat.

Pire encore, selon Régis Labeaume, d'autres entreprises songeraient même à plier bagage.

« On a un méchant problème. Il va falloir que des gens nous expliquent : est-ce vrai tout d'abord qu'on a les frais les plus élevés au pays, et si on a les frais les plus élevés, pourquoi? »

Faussetés, répond l'aéroport

Le chef de la direction de l'aéroport international Jean-Lesage, Gaétan Gagné, ne partage pas l'analyse du maire.

« L'aéroport de Québec est probablement envié par bien des gens à Québec et c'est comme un bon ballon bien gonflé : on se plaît à le taper de temps à autre, par plaisir », rétorque-t-il.

Les frais d'améliorations aéroportuaires (FAA) de 35 $ sont « sûrement dans la moyenne », assure le dirigeant.

C'est un mythe que l'aéroport de Québec est le plus cher au pays, insiste Gaétan Gagné. « M. Labeaume se fie à une étude rendue publique il y a plusieurs mois qui était remplie de faussetés. »

Les chiffres parlent d'eux-mêmes selon le chef de la direction : l'aéroport a enregistré en 2017 une hausse d'environ 4 % de son trafic. Si le prix des billets est encore trop cher pour certaines liaisons, d'autres sont devenues plus abordables. Il en coûte maintenant 400 $ pour voler vers Toronto à partir de la capitale.

« En 1995, ça coûtait 1250 $ un billet pour Toronto et il n'y avait pas de frais, mais un seul transporteur et ils en profitaient, c'est la nature du capitalisme de vendre son produit le prix qu'on peut le vendre », conclut Gaétan Gagné.

Avec les informations de Jean-François Nadeau et Stéphanie Tremblay

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