L'industrie du camionnage se bute présentement à plusieurs défis. Elle doit notamment composer avec un manque de plus en plus important de main-d'œuvre. Face à ce défi, certaines entreprises doivent se tourner vers l'immigration.

Un texte de Kassandra Nadeau-Lamarche

Travailler dans l'industrie du camionnage n'est pas pour tout le monde. Les longs voyages et les horaires atypiques des chauffeurs rendent le recrutement de plus en plus difficile. La conciliation travail-famille, un enjeu important pour bien des travailleurs, peut représenter une tâche ardue pour ceux qui choisissent cette carrière. « Le camion, il n'y a pas de 8 à 5. Tu sais quand tu décolles, mais tu ne sais pas quand tu reviens », explique Laurier Michaud, un vétéran dans le domaine.

Les entreprises de transport partout au pays font donc face à une importante pénurie de main-d’œuvre. « Les baby-boomers s'en vont à la retraite, explique le directeur général de l’entreprise Rossignol Transport à Edmundston Jérôme Bossé. D'ici six ans, au Canada on parle d'une pénurie de 33 000 camionneurs qu'il va manquer ».

Les immigrants pour combler le manque

L'entreprise Rossignol Transport d'Edmundston mise depuis un bon moment sur les nouveaux arrivants pour combler les postes disponibles. Elle embauche des chauffeurs d’expérience provenant principalement d’Europe. Aujourd'hui, dans l'entreprise environ un chauffeur sur cinq est issu de l'immigration.

C'est le cas de Gevork Patatanian qui a été camionneur pendant plusieurs années en Belgique et en Iran, et qui est présentement en formation dans l'entreprise. « Pour les camionneurs, il n'y a pas de difficulté nulle part, mais ici l'opportunité est beaucoup plus vaste », explique-t-il.

Lui qui est arrivé il y a à peine un mois n’a que de bons mots sur l’accueil reçu tant au sein de l’entreprise que dans la communauté. « On a trouvé beaucoup d’amis! Ils sont super bien, super gentils ».

Vers un meilleur taux de rétention

Maintenant que les entreprises se sont en grande partie tournées vers l’immigration pour combler leur besoin de main-d’oeuvre, le défi est d’augmenter le taux de rétention. Souvent, les travailleurs embauchés avec un permis de travail quittent leur emploi lorsqu’ils obtiennent la résidence permanente.

Au fil des ans, Jérôme Bossé et Rossignol Transport ont donc développé de l'expertise pour tenter de convaincre les chauffeurs de rester dans la région.

Jérôme Bossé est souvent en contact avec d'autres employeurs vivant les mêmes expériences, pour les conseiller dans leurs démarches.

Avec l'expérience que la province et les entreprises acquièrent au fil des ans, il espère que le Nouveau-Brunswick deviendra une terre d'accueil plus attirante pour les immigrants, ce qui pourrait être salvateur, non seulement pour l'industrie du camionnage, mais partout où les travailleurs se font de plus en plus rares.