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Industrie textile : s'unir contre la pénurie de main-d'oeuvre

Confrontés à une pénurie de main d'oeuvre qui mine leur croissance, des industriels du Centre-du-Québec unissent leurs forces. Leur objectif : inciter les chercheurs d'emplois à suivre une formation d'opérateur de machine à coudre dans le secteur des textiles techniques.

Un texte de Jean-François Dumas

Le métier est injustement sous-estimé en raison de stéréotypes dépassés estiment ces gens d'affaires.

Sébastien Lareau est à la tête de l'entreprise ANP, un fabricant de toiles de bateaux établi à Princeville. Il emploie 75 travailleurs dans deux usines, mais il lui en faudrait environ 4 de plus. Malgré de nombreuses démarches, il n'arrive toujours pas à dénicher ces employés. Résultat : son rythme de production n'est pas optimal, ce qui créée certaines appréhensions pour les années à venir.

« C'est plus à long terme. D'ici deux ou trois ans, au lieu de prendre des contrats on va dire non! C'est là que l'on va voir descendre le chiffre d'affaires et les impacts que ça aura par la suite », déplore l'industriel.

Un front commun incontournable

L'homme d'affaires n'est pas le seul à être confronté à cette pénurie de main-d'oeuvre criante dans les MRC de l'Érable et Arthabaska.

C'est pourquoi 8 entreprises concurrentes de la région spécialisées dans les textiles techniques unissent leurs forces pour contrer cette rareté de main-d'oeuvre. Afin de recruter les employés nécessaires à leur croissance, elles organiseront une journée portes ouvertes le 15 septembre prochain dans l'espoir de pourvoir une quarantaine de postes actuellement vacants.

« C'est important de se serrer les coudes entre concurrents, car on risque à court terme de perdre notre production au profit de pays étrangers où les conditions de travail ne sont pas comme les nôtres au Québec », craint Alain Michel, le propriétaire du fabricant de toiles destinées à l'industrie nautique Convertex de Princeville.

Plusieurs partenaires, dont Emploi Québec et le Service d'aide aux entreprises (SAE) du Centre-du-Québec sont impliqués dans le projet.

Au terme des visites industrielles en entreprises prévues en septembre, les candidats intéressés pourront avoir accès à une formation gratuite pour accéder à ces emplois dont le taux horaire peut atteindre 15 dollars l'heure. Selon plusieurs travailleurs, le métier d'opérateur de machines à coudre industrielles est actuellement sous-estimé à tort en raison de stéréotypes dépassés.

« On est libre d'imagination, on a de très bonnes conditions de travail, le salaire est quand même intéressant et on a aussi des bonis », souligne Nancy Lavoie, une opératrice de machine à coudre industrielle chez Confection Aventure de Warwick.

Le Service d'aide aux entreprises du Centre-du-Québec (SAE) sera le maître d'oeuvre de cette formation gratuite qui sera dispensée dans un lieu à déterminer sur le territoire des MRC de l'Érable et Arthabaska.

Selon la directrice de l'organisme, il s'agit d'une occasion à saisir pour quiconque cherche un emploi d'avenir avec des possibilités d'avancement.

« C'est une formation de 13 semaines à raison de 30 heures semaines au cours de laquelle il y a des stages pour faire de l'observation, de la mise en pratique et finalement un stage d'intégration », précise la directrice du SAE Johanne Lachapelle.

La première cohorte d'opérateurs de machines à coudre industrielles doit débuter le 11 octobre prochain.

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