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Interdiction des forages pétroliers et gaziers dans l’Arctique : un effet contrasté sur T.-N.-L.

L'association qui représente l'industrie gazière et pétrolière de Terre-Neuve-et-Labrador, NOIA, estime que l'interdiction des nouveaux forages dans l'Arctique décrétée par Ottawa et Washington mardi fera autant de bien que de mal à la province.

Le président de NOIA, Raymond Collins, affirme que la décision nuira aux efforts de T.-N.-L. pour devenir une passerelle vers l’exploration pétrolière dans l’Arctique.

« Ça met fin à ce projet pour une période indéfinie, a-t-il déclaré. La ville de Saint-Jean pourrait toujours devenir un centre de services pour de possibles travaux d’exploration limités dans l’est de l’Arctique. »

La province pourrait aussi miser sur de la prospection dans l’Arctique menée par des pays qui n’ont pas suivi l’exemple du Canada et des États-Unis, croit-il.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a annoncé un moratoire qui sera révisé dans cinq ans. Son vis-à-vis américain, Barack Obama, a pour sa part annoncé une interdiction permanente de l’exploration pétrolière ou gazière dans l’Arctique.

La mesure touche les eaux au large de l'Alaska en mer des Tchouktches, une bonne partie de la mer de Beaufort et les eaux territoriales dans l'Atlantique, de la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la baie de Chesapeake.

En 2004, la province de Terre-Neuve-et-Labrador s’était engagée, conjointement avec Statoil, à dépenser 3,9 millions de dollars sur l’exploration pétrolière dans l’Arctique.

D’autre part, la réputation qu’elle s’est taillée dans le domaine de l’exploration pétrolière dans des climats froids et des eaux agitées avait permis à la province de devenir un centre de planification reconnu, pour de tels forages. Elle a accueilli, par exemple, une conférence nord-américaine du pétrole et du gaz de l’Arctique l’an dernier.

Un effet bénéfique aussi

L’interdiction de forer dans l'Arctique pourrait toutefois stimuler l’industrie à Terre-Neuve-et-Labrador même, estime M. Collins, puisque des entreprises qui lorgnaient du côté de l’Arctique pourraient se rabattre sur l’Atlantique Nord, au large de Terre-Neuve.

« [Notre secteur extracôtier] est très attrayant dans le monde, donc nous espérons toujours assister à une croissance importante de notre industrie locale. Nous croyons toujours que l’environnement terre-neuvien et labradorien est très positif pour [l’industrie] du pétrole et du gaz. », conclut-il.

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