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Interdiction du menthol : des vendeurs de tabac inquiets des effets sur leurs revenus

La vente de cigarettes aromatisées au menthol est définitivement interdite au Canada depuis le 1er octobre, et en Saskatchewan, des vendeurs de tabac craignent que la nouvelle réglementation fédérale leur fasse perdre des revenus.

Ashok Brahmania, qui tient un magasin de tabac à Regina, affirme qu’il a perdu 11 % de ses revenus depuis que la nouvelle loi est pleinement entrée en vigueur au début du mois.

« Je ne sais pas où je vais aller chercher ce [manque à gagner], dit-il. Mais je vais devoir travailler fort pour ça. »

Santé Canada a annoncé en avril une modification à la Loi sur le tabac, pour interdire définitivement l'utilisation du menthol dans les cigarettes, mais aussi les feuilles d'enveloppe et la plupart des cigares vendus au pays. Le gouvernement avait alors accordé une période de transition de six mois pour mettre ces modifications en oeuvre.

L'objectif, selon le fédéral, est de lutter contre le tabagisme chez les jeunes. Des amendements précédents ont déjà banni l’usage de certains additifs, y compris les arômes de chocolat et de gomme à mâcher.

« En interdisant le menthol dans la majorité des produits du tabac, en plus des autres arômes interdits, nous faisons un autre grand pas dans la lutte contre le tabagisme chez les jeunes », avait dit la ministre fédérale de la santé à l’époque, Jane Philpott.

La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec, l’Ontario et l’Alberta avaient déjà des interdictions similaires en place au niveau provincial. Les autres provinces sont donc, pour leur part, confrontées aux récents changements fédéraux.

Selon Ashok Brahamania, c’est une mauvaise décision d’un point de vue économique. « C’est très injuste pour les petites entreprises, regrette-t-il. Le gouvernement va rendre la marijuana légale, mais ils imposent une interdiction sur le tabac au menthol, c’est injuste. »

Le commerçant de Regina, qui vend du tabac depuis 35 ans, dit que la majorité des clients qui lui achètent ces types de produits ont plus de 50 ans, et non pas des adolescents comme le gouvernement l’imagine, dit-il.

« Ces gens-là ne reviennent plus à mon magasin. Je suis très déçu de la décision des gouvernements. » Il craint que les clients aillent maintenant acheter ces produits au sud de la frontière.

Avec des informations d'Alex Soloducha, CBC

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