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Interdictions de baignade à la plage Parlee : l'inquiétude grandit chez les commerçants

Les commerçants de Shediac, au Nouveau-Brunswick, commencent à perdre patience. Le président de la Chambre de commerce régionale, Ron Cormier, reproche au gouvernement provincial de ne rien faire pour régler les problèmes de contamination à la plage Parlee.

L'interdiction de la baignade à la plage Parlee est bien en vue. Le niveau de coliformes fécaux dans l'eau est tout simplement trop élevé. Le joyau de l'industrie touristique du sud-est du Nouveau-Brunswick est pratiquement désert, ce qui est une situation anormale en plein été.

La situation inquiète les commerçants de la région. Le chiffre d'affaires de l'hôtel et du restaurant Gabrièle a diminué de plus de 5000 $ en juin, en partie en raison de la mauvaise qualité de l'eau à la plage Parlee.

« C'est sûr qu’à un certain point, ça doit nous affecter un peu. Les gens qui viennent pour les plages, j'ai l'impression qu'ils doivent aller chercher d'autres plages ailleurs », affirme le chef de ce restaurant, Sébastien Richard.

D'autres entreprises disent connaître un bon début de saison. Le président de la Chambre de commerce du Grand Shediac explique que la plage Parlee attire habituellement plus de 300 000 visiteurs par année.

Ron Cormier, président de la Chambre de commerce régionale, s'impatiente devant la lenteur du gouvernement provincial à trouver des solutions aux problèmes de contamination de l'eau. En mai, Ottawa et Fredericton avaient annoncé des investissements de plus de 3 millions de dollars pour éliminer le problème de contamination, mais depuis ce temps, rien n'a été fait.

Ron Cormier se pose de nombreuses questions. « Où est-ce que le plan stratégique est rendu? Il est où, là? Est-ce qu’ils ont ciblé des problématiques? Est-ce qu’il y a quelque chose de concret? Est-ce qu’ils ont commencé à faire des démarches pour arranger ces bobos-là? Il n’y a absolument pas de réponse. Ça m'inquiète et ça me frustre beaucoup », dit-il.

Les touristes confrontés à la réalité

La présence de coliformes fécaux fait réfléchir des touristes, comme Anouar Bendraaou de Montréal. « C'est sûr que ça va freiner les gens de venir ici. Mais après, chacun à sa discrétion, chacun choisit ce qu'il veut ».

Jonathan Bordeleau, du Québec, n'hésite pas à se lancer à l'eau malgré l'interdiction. « Ça me préoccupe plus ou moins. C'est un peu comme décevant, là, parce que justement on était venu pour profiter de la plage pour s'y baigner. On ne s'attendait pas à ça. On ne savait pas que des fois on pouvait, des fois on ne pouvait pas. »

Chaque fois qu'il y a une interdiction de baignade, les touristes qui veulent profiter de cette plage s'impatientent et l'inquiétude grandit chez les commerçants qui en dépendent.

D'après un reportage de Michel Nogue

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