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Johnson & Johnson condamnée à payer un montant record de près de 5 milliards

Un jury d'une cour de justice du Missouri a ordonné jeudi à Johnson & Johnson de verser un montant record de 4,69 milliards de dollars américains en raison de la présence alléguée d'amiante dans la poudre pour bébé.

Ce verdict, rendu par un tribunal de Saint-Louis, comprend l’imposition d’un versement de 4,14 milliards en dommages punitifs et d'un versement de 550 millions en dommages à 22 plaignantes, qui alléguaient que l'amiante dans la poudre de talc contenue dans certains des produits de l'entreprise avait été la cause de leur cancer des ovaires.

La décision du jury est tombée après plus de cinq semaines de témoignages de près d'une douzaine d'experts provenant des deux parties impliquées.

Les plaignantes soutiennent que l’usage pendant des décennies de poudre pour bébé et d'autres cosmétiques fabriqués à base de talc a été nocif. Elles allèguent que la multinationale savait que sa poudre de talc était contaminée avec de l’amiante depuis au moins les années 1970.

L'avocat des plaignantes, Mark Lanier, a affirmé aux jurés, mercredi, durant les plaidoiries finales, qu'il s'agissait de la première cause où des jurés étaient au fait de documents montrant que Johnson & Johnson savait que ses produits contenaient de l'amiante et n'avait pas averti les consommateurs, a rapporté le St. Louis Post-Dispatch.

Retrait des produits réclamé

Dans une déclaration émise après la tombée du verdict, Mark Lanier a appelé la multinationale à retirer ses produits à base de talc du marché « avant de causer d'autres angoisses, des dommages et la mort à la suite d'une terrible maladie ».

La porte-parole de Johnson & Johnson, Carol Goodrich, a déclaré dans un communiqué que l’entreprise était déçue du verdict, qu’elle considère que ses produits sont sécuritaires et qu’elle étudiera « tous les recours d'appel disponibles ».

L'entreprise a été poursuivie par plus de 9000 femmes alléguant que sa poudre de talc avait contribué à leur cancer des ovaires. Johnson & Johnson a toujours réfuté tout lien entre ses produits et ce type de cancer.

Cinq affaires précédentes ont connu leur dénouement, et Johnson & Johnson a toujours porté en appel les décisions lui étant défavorables.

Durant les plaidoiries finales, l'avocat de Johnson & Johnson, Peter Bicks, a affirmé que l'entreprise avait surpassé les normes de l'industrie pendant des années en testant la poudre de talc pour la présence d'amiante.

Il a fait état de plusieurs études scientifiques et de conclusions par des agences gouvernementales aux États-Unis ayant démontré, selon l'entreprise, que les produits ne contenaient pas d'amiante et étaient sûrs.

Six des 22 plaignantes dans le plus récent procès sont mortes du cancer des ovaires.