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Jumeler les immigrants à des emplois pour les attirer dans le Nord de l’Ontario

Un rapport de l'Institut des politiques du Nord (IPN) suggère qu'un simple changement à la politique d'immigration canadienne pourrait faciliter l'attraction des immigrants dans les régions rurales. La publication, parue le 23 avril dernier, propose un programme qui donnerait plus de pouvoirs aux municipalités en matière d'immigration.

Le modèle présenté par l’IPN est inspiré du Programme pilote d’immigration au Canada atlantique. Ce programme permet aux collectivités de la région de créer des jumelages entre les postes disponibles et les emplois recherchés par les immigrants potentiels.

Charles Cirtwill, président et chef de la direction de l’IPN, souhaiterait que ce système soit mis en place dans le Nord de l’Ontario à titre de projet pilote et étendu à l’ensemble de la province s’il connaît du succès.

Selon l’IPN, les priorités actuelles en matière d’immigration ne correspondent pas aux besoins des entreprises du Nord de l’Ontario.

Présentement, la priorité est donnée aux réfugiés, à la réintégration des familles et aux immigrants hautement qualifiés.

Or, la demande pour du personnel très qualifié dans le nord de la province est limitée.

Il y a cependant d’importants besoins dans les domaines des métiers et des professions semi-spécialisés, selon M. Cirtwill.

C’est le cas dans la région de Thunder Bay, où plus de 1500 emplois permanents et à temps plein étaient affichés pendant la semaine du 16 avril 2018.

Cette catégorie d’emplois comprend entre autres les camionneurs et les préposés aux services de soutien à la personne.

Les entreprises du Nord peinent à pourvoir ces postes, alors que de nombreux immigrants sont sans travail dans le Sud de l'Ontario.

Un déséquilibre géographique

« La majorité des personnes qui immigrent au Canada vont à trois endroits, affirme M. Cirtwill. Ils vont à Toronto, Montréal et Vancouver. »

Les nouveaux arrivants choisissent ces régions en raison de la présence d’une grande communauté de leur pays d’origine ou de membres de leur famille.

La compétition est grande pour les emplois disponibles.

« Ils ont tendance à être sans emploi ou surqualifiés plus souvent que les immigrants qui s’installent dans le reste de la province », rapporte M. Cirtwill.

Un modèle qui a fait ses preuves

Un projet de jumelage similaire a été implanté avec succès au Manitoba.

L’IPN cite en exemple la ville de Morden, au sud-ouest de Winnipeg, qui a connu une croissance de 32 % de sa population de 2006 à 2016.

M. Cirtwill ajoute que Morden, qui compte aujourd’hui près de 9000 habitants, a également réussi à retenir plus de 80 % des nouveaux arrivants venus s’installer dans la communauté.

Avec les informations de CBC

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