Retour

Junex en route vers une première exploitation commerciale de pétrole au Québec

Junex pourrait bien être la première entreprise à lancer la production commerciale d'un puits de pétrole au Québec.

Toutes les espérances de Junex sont tournées vers la propriété Galt, près de Gaspé, dont l’essai de production de 221 jours du puits no 4 s’est terminé le 28 novembre dernier.

Le puits Galt no 4 a produit près de 18 000 barils au total, soit une production moyenne de 80 barils par jour.

C’est le plus important puits en termes de récupération de pétrole dans toute l’histoire du Québec.

Peter Dorrins, président de Junex

Pour la compagnie, c’est un jalon important qui vient confirmer les données sismiques de très haute définition qui ont été effectuées en 2015.

Un bail et 30 puits en perspective

Encouragé par ces résultats, Junex a demandé un bail d’exploitation en septembre dernier. Galt 4, un puits de type conventionnel, sera rentable dès sa mise en production, assure l’entreprise.

« La demande que nous avons faite est pour une superficie de 20 km dans laquelle on pourrait facilement faire une vingtaine, sinon une trentaine, de puits forés à l’horizontale », précise Peter Dorrins. L’entreprise a modélisé une trentaine de puits. Le bail d’exploitation permettra donc à Junex de mettre en exploitation tous les puits forés qui présenteront un débit estimé rentable.

Chaque puits demande entre 5 et 7 millions d’investissements. L’investissement total pourrait grimper jusqu’à 250 millions de dollars.

Junex évalue ses coûts de production à environ 30 $ le baril. « Ça devient très, très intéressant si on est capable de trouver le même type de résultats que Galt 4 », ajoute M. Dorrins.

Junex a aussi demandé cet automne un permis de forage pour Galt 6. La plateforme qui serait alors installée permettrait de forer huit puits horizontaux. « Chaque fois que nous faisons un forage, le design est fait pour une mise en production », ajoute M. Dorrins.

Pas de BAPE?La demande d’exploitation, qui a été déposée en septembre, échappera selon toutes apparences au processus de consultation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, souligne Lise Chartrand, porte-parole du Comité ensemble pour un avenir durable du Grand Gaspé.

Même si le projet est situé en territoire non organisé, les impacts n’ont pas de frontières. S’il y a du transport par camion, il y aura des impacts pour l’ensemble du territoire de la Ville de Gaspé.

Lise Chartrand, porte-parole du Comité ensemble pour un avenir durable du Grand Gaspé

L’intérêt potentiel de Junex pour le transport par train soulève aussi l’inquiétude.

Réunis en assemblée générale annuelle, mardi soir, les membres ne se sont pas prononcés contre le projet, mais souhaitent maintenant s’informer auprès de l’entreprise sur le projet pour en savoir plus sur l’envergure que cela prendra pour la région.

Projet de transformation

Le pétrole produit par les puits de Junex est pour l’instant traité par l’une des deux raffineries du Québec.

À terme, explique M. Dorrins, Junex aimerait créer un partenariat pour tirer le meilleur parti du pétrole léger de la propriété. « Nous visons, précise M. Dorrins, une meilleure transformation de notre produit. Les gens pensent surtout énergie lorsqu’on parle de pétrole, mais il y a tous les autres produits comme les huiles, les solvants, la paraffine. Si on pouvait aller chercher le maximum de ces produits, ce serait génial. »

Des barils ont été envoyés aux fins d’analyse afin de vérifier leur potentiel à cet égard.La compagnie estime le potentiel de production du gisement à une quarantaine d’années.

Plus d'articles

Commentaires