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Justin Trudeau demande à la C.-B. d’arrêter de faire obstruction à Trans Mountain

Le premier ministre Justin Trudeau demande à la Colombie-Britannique d'arrêter de faire obstruction au projet de pipeline Trans Mountain.

Un texte de Fanny Bédard et Laurent Pirot

« C’est un processus rigoureux qui a été suivi, et le projet Trans Mountain a été déclaré dans l'intérêt national. On espère que le gouvernement de la Colombie-Britannique va arrêter de faire obstruction à un projet qui est dans l’intérêt national », a déclaré Justin Trudeau, lundi.

Il ajoute avoir eu une discussion avec le premier ministre britanno-colombien John Horgan dimanche soir lors de laquelle il a soulevé l’importance de travailler ensemble en respectant la responsabilité du fédéral de protéger les choses qui sont dans l’intérêt national.

Le premier ministre fédéral a fait cette déclaration au lendemain de l’annonce par Kinder Morgan de la suspension de certaines de ses activités concernant l’agrandissement du pipeline.

« Espérer, ce n'est pas suffisant », a affirmé Cheryl Oates, la porte-parole de la première ministre, Rachel Notley, après cette déclaration.

En Alberta, les députés devraient examiner dans les prochains jours un projet de loi qui permettrait de réduire les livraisons de gaz naturel et de pétrole à la Colombie-Britannique. La première ministre Rachel Notley assure qu'elle n'hésiterait pas à se montrer « très offensive ».

Le gouvernement fédéral détient le pouvoir sur les pipelines qui traversent les frontières provinciales. Ottawa a l’expansion du pipeline qui relie Edmonton à Burnaby, en Colombie-Britannique, en novembre 2016.

Une décision économique, dit Kinder Morgan

La pétrolière a dit qu’il s’agit de la décision économique la plus appropriée pour ses actionnaires et se montre très critique envers la Colombie-Britannique qui s'oppose au projet.

« Nous devons avoir des garanties du gouvernement de la Colombie-Britannique et du fédéral », a déclaré le président-directeur général de Kinder Morgan, Steve Kean, lundi lors d’une conférence téléphonique.

La veille, la pétrolière avait annoncé le ralentissement de certaines activités dans le projet d’expansion du pipeline entre l’Alberta et la Colombie-Britannique qui vise à en tripler la capacité, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour.

Kinder Morgan se donne jusqu’au 31 mai pour évaluer des solutions, mais elle ne souhaite pas prendre de « risques excessifs » pour ses actionnaires. Elle ne précise toutefois pas clairement quelles devront être ces garanties.

« Nous devons voir une indication de la Colombie-Britannique que nous pouvons construire dans la province sans menace de conditions supplémentaires qui entraîneraient encore de l’incertitude », avance Steve Kean.

Il ajoute également que la Colombie-Britannique a entrepris des actions en justice pour arrêter l’expansion du pipeline et qu’une décision économique ne peut pas être prise par les tribunaux.

L'Alberta est prête à investir

Steve Kean estime que Kinder Morgan est ouverte à l'idée que l’Alberta investisse dans le projet pour en assurer l'achèvement, comme l’a proposé la première ministre albertaine, Rachel Notley. Cependant, la compagnie doit s’assurer qu’il n’y aura pas d’autres retards.

La pétrolière a déjà investi 1,1 milliard de dollars dans ce projet de 7,4 milliards de dollars. Elle dit ne pas souhaiter investir dans un projet sans avenir et s’attend à ce que les dépenses augmentent pour la phase de construction.

« C’est une position qui semble normale dans le contexte actuel », estime le professeur en économie de l’Université d’Ottawa Jean-Thomas Bernard. Celui-ci fait valoir que le projet a été accepté en respectant les normes réglementaires en cours, mais que la Colombie-Britannique s’y oppose, de sorte qu’il ne peut pas être réalisé à un prix raisonnable. « Tous les retards, ce sont des coûts », soutient-il.

Différentes options envisagées

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, soutient de son côté que le gouvernement fédéral envisage différentes options. « Notre gouvernement examine activement toutes les options à sa disposition pour faire avancer ce projet, qu’elles soient réglementaires, juridiques ou financières. Nous travaillerons de concert avec tous les partenaires de bonne volonté. Ce pipeline va se construire », a-t-il déclaré.

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