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Kinder Morgan veut des garanties et critique la Colombie-Britannique

Kinder Morgan soutient que la suspension de certaines activités pour le projet d'agrandissement du pipeline Trans Mountain est la décision économique la plus appropriée pour ses actionnaires et se montre très critique envers la Colombie-Britannique qui s'oppose au projet.

« Nous devons avoir des garanties du gouvernement de la Colombie-Britannique et du fédéral », a déclaré le président-directeur général de Kinder Morgan, Steve Kean, lundi lors d’une conférence téléphonique.

La veille, la pétrolière a annoncé le ralentissement de certaines activités dans le projet d’expansion du pipeline entre l’Alberta et la Colombie-Britannique qui vise à en tripler la capacité, la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour.

Kinder Morgan se donne jusqu’au 31 mai pour évaluer des solutions, mais elle ne souhaite pas prendre de « risques excessifs » pour ses actionnaires. Elle ne précise toutefois pas clairement quelles devront être ces garanties.

« Nous devons voir une indication de la Colombie-Britannique que nous pouvons construire dans la province sans la menace de conditions additionnelles qui entraîneraient encore de l’incertitude », avance Steve Kean.

Il ajoute également que la Colombie-Britannique a entrepris des actions en justice pour stopper l’expansion du pipeline et qu’une décision économique ne peut pas se prendre devant les tribunaux.

L'Alberta est prête à investir

Steve Kean estime que Kinder Morgan est ouverte à ce que l’Alberta investisse dans le projet pour assurer son achèvement, comme l’a proposé la première ministre albertaine Rachel Notley. Cependant, la compagnie doit s’assurer qu’il n’y aura pas d’autres retards.

La pétrolière a déjà investi 1,1 milliard de dollars dans ce projet de 7,4 milliards de dollars. Elle dit ne pas souhaiter investir dans un projet sans avenir et s’attend que les dépenses augmentent pour la phase de construction.

Selon le professeur en économie de l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard: « C’est une position qui semble normale dans le contexte actuel ». Il fait valoir que le projet a été accepté en respectant les normes réglementaires en cours, mais que la Colombie-Britannique s’y oppose de sorte qu’il ne peut pas être réalisé selon des coûts raisonnables. « Tous les délais, ce sont des coûts », soutient-il.