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L'abandon d'Énergie Est n'est pas catastrophique pour le Nouveau-Brunswick selon Brian Gallant

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, reconnaît que l'abandon du projet d'oléoduc Énergie Est est décevant pour sa province, mais se dit persuadé que d'autres projets, particulièrement dans le secteur de l'énergie, vont se présenter.

Il a réagi par voie de communiqué à l'annonce de l'abandon du projet Énergie Est par son promoteur, la compagnie TransCanada.

TransCanada avait déjà demandé et obtenu la suspension de l'examen du projet par l'Office national de l'énergie (ONE), après que l'organisme eut décidé de tenir compte de la production de gaz à effet de serre dans l'évaluation du projet. TransCanada voulait prendre le temps d'étudier l'impact de ces nouveaux critères sur les coûts, les échéanciers et la viabilité du projet.

Brian Gallant est toutefois convaincu que ce sont les conditions du marché et les prix plus bas du pétrole, depuis quelques années, qui ont eu raison du projet. Ottawa avait envoyé « des signaux positifs » à TransCanada ces dernières semaines, dit-il, « en offrant une certitude au niveau du processus et en offrant de rembourser les frais additionnels relatifs à l’analyse des gaz à effet de serre ».

Il admet que l'abandon du projet « n'est pas une bonne nouvelle » pour sa province. L'oléoduc devait aboutir dans le port de Saint-Jean, dans le sud-est de la province, où le pétrole de l'Alberta aurait été chargé à bord de navires à destination de marchés étrangers. Sa construction aurait permis de créer 3700 emplois au Nouveau-Brunswick pendant la construction du pipeline et 260 emplois directs et indirects par la suite.

Il soutient que son gouvernement n'a jamais tenu compte de ces retombées éventuelles dans son processus budgétaire et dans sa planification économique.

Il ajoute qu'il y a d'autres possibilités de croissance de l'économie néo-brunswickoise, sans être plus précis. « Nous allons continuer de dénicher de nouveaux marchés pour l’énergie, ce qui nous permettrait d’augmenter notre production, et nous allons continuer d’être attentifs aux conditions du marché mondial », dit-il.

Le gouvernement Gallant avait tout de même fait de l'oléoduc Énergie Est l'un des volets importants de son plan de croissance économique pour la province.

Anticipant la fin du projet, l'économiste Pierre-Marcel Desjardins, de l'Université de Moncton, déclarait au début septembre que le Nouveau-Brunswick perdait la base de sa stratégie de développement économique. Il déplorait le fait que les gouvernements provinciaux récents, au Nouveau-Brunswick, aient surtout misé sur des projets d'infrastructures et d'autres projets à court terme qui ne permettaient pas de développer durablement l'économie de la province.

Blaine Higgs a déclaré que l'annonce d'aujourd'hui est une grande déception

Le chef de l'opposition officielle, Blaine Higgs a pointé du doigt les agissements de Brian Gallant en novembre 2014 lorsqu’il a appuyé les demandes des premiers ministres de l'Ontario et du Québec. Selon le chef progressiste-conservateur, cet appui a mené à la décision de TransCanada.

« Le premier ministre a eu ce qu'il voulait. Les règlements ont changé et nous devons à présent vivre avec les conséquences. »

Monsieur Higgs a dit que l'abandon du projet de l'oléoduc Énergie Est peut être blâmé sur la politique : « Le premier ministre provincial Brian Gallant et le premier ministre fédéral Justin Trudeau peuvent tenter de maquiller la situation, mais ils doivent tous les deux endosser la responsabilité de l'abandon de ce projet qui était tellement important pour notre province. »

Les sources d’eaux potables : au coeur des préoccupations des maires

Le maire d’Edmundston Cyrille Simard applaudi l'annonce de l'abandon du projet Énergie Est par TransCanada.

« La position de la ville a toujours été claire que notre obligation est de protéger la source d’eau. En ce sens là, on s’est toujours opposé au tracé que l’entreprise proposait pour ce projet-là. »

Monsieur Simard ajoute : « Le fait qu’il n’y ait pas de projet, ça protège la source de la ville d’Edmundston et on ne peut que s’en réjouir. »

L'annulation du projet d'oléoduc : une décision d'affaires

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Jim Carr, rapporte par voie de communiqué que la décision de TransCanada d'annuler le projet d'oléoduc Énergie Est était une décision d'affaires.

M. Carr affirme que le gouvernement appuie le secteur énergétique et estime qu'il représente une source d'emplois de qualité pour la classe moyenne.

« Nous avons promis de mettre les ressources du Canada en valeur de façon à favoriser la création d'emploi et l'innovation, à préserver notre qualité de vie et à léguer une planète moins polluée aux générations futures », dit-il.

Deux projets de pipelines d'exportation sont actuellement en chantier et un troisième devrait commencer sous peu.

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