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L'abandon du charbon se fait en douceur en Nouvelle-Écosse

L'élimination graduelle du charbon pour la production d'électricité devrait se faire sans grand bouleversement en Nouvelle-Écosse.

C’est ce qu’affirment Nova Scotia Power et le syndicat représentant une bonne partie de ses employés, la Fédération internationale des ouvriers de l’électricité. Les deux parties disent s’y préparer depuis des années, notamment pour éviter des pertes d’emploi massives.

Nova Scotia Power dépend encore beaucoup du charbon pour sa production d’électricité. Mais l’entreprise compte maintenant environ 300 éoliennes et est partenaire du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador.

Transition en douceur

Le Groupe de travail sur la transition équitable pour les collectivités et les travailleurs des centrales au charbon canadiennes doit déterminer comment le gouvernement fédéral peut aider les milliers de travailleurs du secteur du charbon à trouver du travail. Il est de passage en Nouvelle-Écosse cette semaine.

Le porte-parole de La Fédération internationale des ouvriers de l’électricité compte faire part de l'expérience de la Nouvelle-Écosse aux membres du groupe de travail, selon le porte-parole du syndicat, Jim Sponagle.

Ça a commencé il y a déjà plusieurs années, dit Jim Sponagle. On a eu beaucoup de discussions avec Nova Scotia Power au sujet de la transition vers les énergies renouvelables. Il n’y a pas de panique ici.

Il souligne que le syndicat et les employés ont aidé l’entreprise, notamment en favorisant des départs à la retraite et en contribuant à des programmes de formation pour les travailleurs touchés. Depuis cinq ans, Nova Scotia Power n’a aboli qu’une douzaine de postes, malgré le recours de plus en plus important aux éoliennes et autres sources d’énergie renouvelable.

Jim Sponagle ne s’attend pas à ce qu’il y ait beaucoup plus de mises à pied dans la prochaine décennie.

Maintien du charbon

Le chef de l’exploitation pour Nova Scotia Power, Mark Sidebottom, indique que la compagnie pourra continuer à recourir à ses centrales au charbon dans les cas d’urgence.

Avec la transition progressive vers les énergies propres, il n’y a pas de date butoir pour la fin du charbon. Ça nous permet un passage en douceur, qui laisse le temps de former le personnel, dit-il.

Nova Scotia Power avait prévu de fermer sa centrale au charbon de Lingan au Cap-Breton, en 2018, avec le début prévu de la production d’électricité au barrage de Muskrat Falls, au Labrador. Mais les retards dans la construction et la mise en exploitation de cette centrale repoussent l’échéancier à 2020.

Même après 2020, les pertes d’emploi devraient être minimes, croit Mark Sidebottom. Par exemple, il souligne que des employés des centrales au charbon seront formés pour l’entretien des quelque 300 éoliennes de la province.

Audience au Cap-Breton

Le Groupe de travail sur la transition équitable pour les collectivités et les travailleurs des centrales au charbon canadiennes tient une rencontre publique sur le sujet jeudi, à Sydney.

Le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff, est coprésident de ce comité. Il dit que le groupe de travail doit remettre ses recommandations au gouvernement avant la fin de l’année 2018. Il affirme aussi que les recommandations varieront grandement en fonction des provinces.

Toute cessation d’emploi créera du stress dans la vie des personnes touchées, explique-t-il. Mais pouvons-nous le faire d’une façon plus humaine, qui tienne compte des besoins des travailleurs et de leur communauté?

En plus de la Nouvelle-Écosse, l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick sont les provinces qui dépendent le plus du charbon pour leur production d’électricité.