Ottawa a annoncé l'achat du projet Trans Mountain, à deux jours de la date butoir du 31 mai, une date qui avait été imposée par Kinder Morgan pour mettre fin au conflit qui oppose la Colombie-Britannique au promoteur du projet, au gouvernement fédéral et à l'Alberta.

Un texte de Benoit Clément

On en est où?

Le gouvernement de la Colombie-Britannique craint les risques de déversement, particulièrement le long de ses côtes. Il maintient sa demande de renvoi en Cour d’appel provinciale pour savoir s’il a le droit de restreindre la quantité de bitume qui transite sur son territoire.

L'Alberta a déjà répliqué à cette menace en adoptant un projet de loi qui lui permettrait de limiter les exportations de carburant vers la Colombie-Britannique, où les prix de l'essence sont déjà les plus élevés d'Amérique du Nord.

L'achat du pipeline par le gouvernement fédéral se veut une façon de garantir que le pipeline sera construit. L'Alberta et la Colombie-Britannique jugent que le projet Trans Mountain est essentiel pour obtenir le meilleur prix pour les produits du pétrole canadien sur les marchés internationaux.

Les retombées du projet

L'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, qui a vu le jour en 1953, continue de diviser les Canadiens. Le projet vise à construire un deuxième pipeline pour relier Edmonton au terminal pétrolier de Burnaby, en Colombie-Britannique, au coût de 7,4 milliards de dollars. L’entreprise pourrait alors acheminer 890 000 barils de bitume quotidiennement vers la côte, soit trois fois plus qu'aujourd'hui.

Kinder Morgan fait miroiter des milliards de dollars en retombées économiques et des milliers d’emplois dans l’Ouest.

Selon une étude du Conference Board du Canada, la construction du pipeline permettra de créer 15 000 emplois directs ou indirects. Une fois les travaux terminés, l’oléoduc devrait permettre de soutenir jusqu'à 37 000 emplois sur une période de 20 ans.

La majorité de ces emplois devraient être indirects, issus des retombées économiques prévues du projet. Selon Ressources naturelles Canada, l'exploitation du pipeline devrait nécessiter l'équivalent de 440 travailleurs à temps plein.

Les risques environnementaux

Les opposants au projet d’expansion du pipeline craignent un déversement, non seulement le long du tracé, mais aussi une fois que le bitume dilué est chargé sur des pétroliers.

Kinder Morgan prévoit que le nouveau pipeline ferait passer le nombre de pétroliers de 60 par année à environ 400

Les opposants s’inquiètent du risque d’accidents maritimes d'un de ces navires, qui devront manoeuvrer dans des passages étroits entre le terminal et l’océan. Selon un rapport publié par la Ville de Vancouver, un déversement pourrait causer des pertes de 1,2 milliard de dollars à Vancouver seulement.

L’entreprise assure que le risque de déversement est minime, et le gouvernement fédéral souligne que les normes de sécurités maritimes ont été renforcées.

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