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L'Abitbiti-Témiscamingue prête à prendre la voie de l'innovation

Un regroupement de partenaires de l'Abitibi-Témiscamingue a déposé lundi la première mouture d'un futur Pôle régional d'innovation de l'Abitibi-Témiscamingue. Cette entité, appelée PIRAT, a été imaginée en réponse à un appel de projets de la part du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation (MESI) dans la foulée d'un effort de création de pôles régionaux d'innovation.

Un texte de Lise Millette

Le maire d'Amos, Sébastien d'Astous, voit ce projet comme un véritable moteur de l'innovation qui propulsera l'économie régionale.

« Rassembler les gens ensemble, essayer de faire émerger de nouvelles idées, déployer l'innovation sur le territoire. On veut développer des start-up, des entrepreneurs, mais aussi aller dans les entreprises pour les aider à les stimuler, à mieux faire les choses. Mais ce sont eux qui vont nous dire comment on peut les aider et ça, ça va se définir dans les prochaines années », dit le maire d'Amos.

Ce pôle a pour objectif de répondre à deux principaux besoins, soit coordonner les activités des différents territoires et développer l'innovation en offrant des services pour les entrepreneurs. Valérie Jacob, présidente du Pôle d'économie sociale Abitibi-Témiscamingue, assure que la définition de l'innovation est très large.

« L'innovation, c'est toute initiative entrepreneuriale, qu'elle soit citoyenne, qu'elle vienne d'OBNL, de coopératives, de travailleurs autonomes ou d'entreprises privées, toutes les formes d'entrepreneuriat sont incluses dans ce pôle de l'innovation et de l'entrepreneuriat ».

Un vaste territoire

Si l'innovation est un concept élargi, réunir toutes ces différences territoriales autour d'un même projet demeure un exercice audacieux. Cette volonté s'inscrit dans une dynamique complexe où toutes les entreprises n'appartiennent ni à un même secteur, ni à une même culture, ni au même point en matière de développement technologique ou innovant.

Par surcroît, comme le mentionne le projet, le territoire est vaste, il comprend cinq municipalités régionales de comté (MRC) et sept communautés autochtones. De plus, alors que le portrait traditionnel de la région rime avec mines, forêt et agroalimentaire, le développement de nouvelles filières des secteurs secondaires et tertiaires, qui transforment peu à peu le visage de la région. Ces différences ont suscité des discussions, comme le précise Valérie Jacob, persuadée des bienfaits d'une approche concertée.

« Je crois que le Pôle d'économie sociale a toujours voulu rassembler et de voir comment on peut être plus fort en région plutôt que de se diviser par territoires.

Puisque toutes les entreprises ne sont pas au même point, le futur pôle pourrait mettre de l'avant des activités de mentorat, de coaching, de soutien, autant de services à décliner de manière régionale ou territoriale. Ce projet servirait aussi d'incubateur d'idées ou encore d'avenues à partager de sorte de faire bénéficier à l'ensemble les avancées de certains ou encore de les adapter selon les spécificités des entreprises. À ce chapitre, l'UQAT considère qu'il est tout fait souhaitable d'arrimer les différences entre les territoires pour décupler les possibilités.

« Les gens comprennent que pour faire en sorte d'avoir un développement régional intéressant, il faut travailler ensemble. C'est un exercice qui n'est pas si facile en région, mais je pense qu'on est arrivé avec quelque chose d'intéressant », résume François L'Écuyer, professeur responsable du Centre d'entrepreneuriat et d'innovation.

Un projet, six composantes

La structure du PIRAT se décline en six composantes, soit un hub régional pour l'Abitibi-Témiscamingue et cinq hubs territoriaux, un pour chaque MRC. Cette façon de faire permettra de concerter les ressources tout en faisant en sorte de respecter l'autonomie et les particularités des sous-régions. Pour M. L'Écuyer, cette approche se traduira aussi par une offre de services collés aux personnalités des entrepreneurs afin d'éviter de trop diriger ou restreindre les pistes d'innovation.

« C'est atteindre les objectifs des entrepreneurs eux-mêmes, des entreprises, des besoins qu'ils vont avoir au niveau de l'innovation ou de l'entrepreneuriat, soit pour le démarrage de nouvelles entreprises, de nouveaux produits, développement de marchés. C'est vraiment de répondre aux besoins des gens en place. On ne veut pas arriver avec une solution toute faite, mais atteindre les gens par leurs besoins », soutient M. L'Écuyer.

Des nouvelles d'ici juin

Les partenaires devraient obtenir une réponse du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation au début du mois de juin. Si la réponse est favorable, les premières étapes s'enclencheront. Une équipe de projet sera constituée, une assemblée d'organisation permettra d'orienter et de prioriser différentes actions et interventions, en plus d'inventorier les services déjà offerts dans la région.

En dépit des efforts déployés et des discussions ayant mené au dépôt du PIRAT, le MESI ne retiendra qu'un seul projet au terme de cet appel de candidatures. « L'idée était d'avoir le projet le mieux ficelé possible dans un délai qui ne nous laissait pas beaucoup de temps, mais on espère que notre projet sera retenu », ajoute Mme Jacob.

Le PIRAT évalue ses besoins à 400 000 $ par année. Le projet est officiellement porté par le Centre d'entrepreneuriat et d'innovation (CEI) de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), mais son rôle dans l'éventuelle structure reste encore à établir. Pour le moment, le Centre agit à titre d'organisateur, mais si l'aval est donné par le ministère, une organisation sans but lucratif indépendante serait constituée, comme le précise François L'Écuyer.

Autour de la table, outre l'UQAT, on retrouve notamment le Pôle d'économie sociale Abitibi-Témiscamingue, les CLD de Rouyn-Noranda et de l'Abitibi, le Carrefour jeunesse emploi d'Abitibi-Ouest, la Ville d'Amos, la SADC Harricana, les MRC de la Vallée-de-l'Or et d'Abitibi-Ouest et la Société de développement du Témiscamingue.

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