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L'abolition des CRÉ a nui aux régions, selon une chercheuse de l'UQAR

Ce n'est pas seulement le développement des régions qui stagne depuis l'abolition des conférences régionales des élus (CRE), mais tout le Québec. C'est du moins l'analyse de la professeure de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en développement régional, Marie-José Fortin, qui était conférencière mercredi lors du Forum Gaspésie 21e, qui se tenait à Gaspé.

La chercheuse estime que les CRÉ jouaient un rôle essentiel pour établir de véritables politiques régionales, alors que Québec a maintenant les coudées franches pour imposer sa vision du développement régional.

La disparition de ces organismes va marquer l'histoire du développement régional pour de mauvaises raisons selon Marie-José Fortin. Elle juge que cette vision du développement régional hypothèque particulièrement la Gaspésie. « On était appuyé, il faut le rappeler, par 30 professionnels qui étaient investis, qui étaient scolarisés, qui étaient des experts dans différents domaines et puis là on se retrouve avec seulement des élus qui doivent gérer tous les dossiers. À mon avis, on a vraiment perdu au change. »

C'est la perte carrément, pas juste d'une instance, mais d'un outil de développement

Marie-José Fortin, professeure de l'UQAR et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en développement régional

Modèle déficient

Ce modèle sans les CRÉ serait déficient pour le développement du Québec, selon la chercheuse, et, ultimement, non rentable. « Ce que les entreprises veulent savoir, c'est quelles sont les règles du jeu, dans quel carré de sable je peux jouer. Or, c'était le rôle en quelque sorte de ces organisations-là. »

La grande question est de savoir si le gouvernement libéral serait prêt à revenir à des organisations régionales dont le mandat serait de tracer ses propres orientations de développement.

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