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L'accord de libre-échange Canada-UE gagnerait à être mieux connu des entrepreneurs

La Fédération des chambres de commerce du Québec et le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation ont décidé de proposer une série de formations sur l'accord économique et commercial avec l'Union européenne pour mieux outiller les entrepreneurs. Sept-Îles était le premier arrêt de cette tournée mardi.

Un texte de François Robert

Pour le directeur général de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Paul Lavoie, il est clair que cette activité ne s’adressait pas uniquement aux membres qui sont déjà présents sur le marché européen.

« Ce n’est pas parce que tu ne veux pas faire affaire nécessairement avec les Européens, que les Européens ne voudront pas nécessairement venir faire affaire ici, observe Paul Lavoie. Donc c’est très important d’être bien informé sur cet accord-là et ce que ça comporte, autant du côté des risques que des opportunités. »

Pour Marc Fillion, coordonnateur pour l’Europe au ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, cet accord est pour beaucoup synonyme d’occasions à saisir.

« Cela peut avoir un impact majeur sur la profitabilité des entreprises lorsqu’elles exportent, insiste Marc Fillion. Cela a un impact également sur la compétition puisque des entreprises non canadiennes pour lesquelles les pays n’ont pas d’accord de libre-échange avec l’Europe ne bénéficient pas des mêmes avantages dont les Canadiens et les Québécois vont bénéficier donc ça constitue des avantages compétitifs intéressants. »

Toutefois, plusieurs intervenants ont souligné qu'il s'agit d'une lame à double tranchant puisque les risques sont aussi considérables.

Par exemple, un très grand nombre de contrats publics seront désormais ouverts à des soumissions d’entreprises de partout dans ce nouvel ensemble économique couvert par l’accord.

Alors des entreprises d’ici pourraient potentiellement perdre de lucratifs contrats en se faisant doubler au fil d’arrivée par des concurrents européens.

À l’inverse, des entreprises d’ici pourraient aussi décrocher plus facilement des contrats publics en Europe grâce à la diminution des barrières tarifaires.

Cela dit, il y a un risque si un entrepreneur québécois s’emballe et qu’il ou elle tente d’exporter sur le marché européen sans prendre le temps de bien s’informer sur ses normes.

Cet aspect a notamment été abordé par Jean Thibodeau du Centre de recherche industriel du Québec qui conseille les PME en matière de normes pour l’exportation.

L’avocat Didier Culat du cabinet BCF a précisé qu'il y a des différences législatives à ne pas négliger.

Il a mis en lumière le resserrement des lois en Europe sur la protection des informations privées des clients.

Une entreprise qui négligerait de mettre à jour la protection de ses serveurs et ordinateurs et qui se ferait voler des informations confidentielles de ses clients européens pourrait se voir imposer des amendes très salées par les autorités européennes.

Didier Culat a aussi souligné l’importance des brevets.

Les entrepreneurs québécois ne doivent pas oublier de bien faire breveter une invention avant de la mettre en marché en Europe, sinon une copie pourrait rapidement être faite et il se retrouverait sans recours.

Bref, un accord qui offre de grandes possibilités, mais qui peut aussi coûter très cher aux entrepreneurs qui ne prennent pas le temps de s’intéresser à ses implications.

Les divers intervenants présents ce matin s’entendent pour dire qu’encore beaucoup d’éducation reste à faire à propos de l’accord.

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