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L'achalandage des aéroports régionaux en diminution

Le nombre de passagers ne cesse de diminuer depuis quatre ans dans les principaux aéroports de l'Est du Québec. C'est principalement la diminution des activités minières dans le Grand Nord qui expliquerait la situation. Conséquence : l'aéroprt de Mont-Joli doit faire face à un déficit pour la première fois de son histoire.

À Baie-Comeau, 33 000 passagers ont embarqué dans un avion en 2012, mais depuis, le nombre ne cesse de diminuer. Cette année, ils ne seront plus que 19 700, selon les données fournies par la direction des aéroports.

À Mont-Joli le nombre de passagers a diminué de plus de la moitié de 2013 à 2016. Conséquence : le nombre de décollages et d'atterrissages a chuté de 30 %.

Pour la directrice de l’aéroport de Mont-Joli, Carole Duval, la baisse s’explique par les travailleurs qui sont de moins en moins nombreux à se rendre dans le Grand-Nord ou au Labrador pour travailler dans les mines. Elle se rappelle que la fermeture du Lac Bloom a été le premier signal d’une diminution prolongée, qui a atteint un creux de vague en 2016.

Premier déficit de l’histoire de l’aéroport de Mont-Joli

Conséquence : pour la première fois, la direction doit faire face à un déficit d’exploitation d'environ 75 000 $.

Les MRC, propriétaires de l'aéroport, n’auront pas à renflouer ce déficit, parce qu’il existe un coussin financier qui absorbera le manque à gagner, assure Mme Duval, mais il sera difficile d'absorber d'autres déficits « On est tellement réglementé que diminuer les opérations amènerait une diminution de la gestion de la sécurité. »

On a une espèce de point mort sur lequel on peut difficilement descendre.

Carole Duval, directrice, aéroport régional de Mont-Joli

Elle sent néanmoins que la lumière se pointe à l’horizon. Les réservations reprennent de la vigueur pour la deuxième partie de 2017 dit-elle. « On commence à voir des compagnies qui ont recommencé à faire du fly in fly out ».

Le projet d'allongement de la piste n'est pas compromis. 

L’avenir des aéroports régionaux préoccupe l’UMQ

Pour l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le problème des aéroports de l’Est du Québec reflète la triste réalité des aéroports régionaux de la province. Une conférence a eu lieu à Lévis jeudi pour discuter sur l’avenir de ces infrastructures importantes pour les petites communautés. Financement, desserte et surtout, prix des billets étaient à l'ordre du jour.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, demande des programmes d’aide financière, entre autres, pour le développement des aéroports et pour diminuer le prix des billets. « Dans toutes les régions du Québec, le coût des billets est excessivement élevé et on se rend compte que c’est taxé par-dessus sur taxé et il y a un enjeu là à faire. »

Le gouvernement devrait arrêter de voir le transport aérien régional comme outil de luxe. Il devrait le voir comme un outil de développement régional et le soutenir plutôt que le taxer.

-Daniel Côté, maire de Gaspé

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, croit aussi que Québec doit absorber une part des taxes sur le prix des billets, qui s’élève à plus de 30 % parfois, estime-t-il. « Ce n’est pas nécessairement aux usagers, mais aux transporteurs que l’argent devrait venir pour assurer un service. »

Un grand sommet sur le transport aérien doit avoir lieu d'ici un an.

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