Avec le rachat de Trans Mountain par le gouvernement fédéral, la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, est plus que jamais convaincue que le projet verra le jour prochainement.

Un texte de Nafi Alibert

Arrivée sous les applaudissements de ses ministres, Rachel Notley se réjouit de la vente de Trans Mountain pour 4,5 milliards de dollars au gouvernement canadien.

« Le projet n’a jamais été aussi proche d’aboutir », a-t-elle déclaré tout sourire lors d’une conférence de presse organisée mardi matin à Edmonton. Maintenant, « le gouvernement a le pouvoir de s’assurer que ce projet aille de l’avant », a-t-elle ajouté.

Pour s’assurer que le projet d’expansion du pipeline ne soit plus ralenti, Rachel Notley a annoncé que l’Alberta contribuerait à hauteur de 2 milliards de dollars à un fonds d’urgence pour couvrir tout dépassement de coûts éventuels.

Une somme que la première ministre qualifie « d’investissement », plutôt que de « subventions ».

« Nous en aurons pour notre argent », a-t-elle revendiqué. Non seulement « cet argent ne sera versé que quand le pétrole aura commencé à couler dans le pipeline », mais cet « investissement » pourrait se traduire en participation au capital, a évoqué la première ministre.

Les réactions de l’industrie

L’entreprise Kinder Morgan s’est aussi félicitée d’être parvenue à un accord avec le gouvernement de Justin Trudeau avant la date butoir du 31 mai.

« C’est un grand jour pour le Canada, pour nos clients, nos employés et nos actionnaires », a déclaré Steve Kean, le président-directeur général de la pétrolière basée à Calgary.

Du côté de l'Association canadienne de pipelines d'énergie (CEPA), l’engouement est toutefois plus mitigé.

Le président-directeur général de l’association, Chris Bloomer, s’est dit « très préoccupé » de l’intervention du gouvernement fédéral. Il s’interroge sur le message que cela envoie aux investisseurs qui souhaitent développer d’autres projets de pipeline.

« Le Canada doit s’assurer que ses systèmes juridiques et réglementaires soutiennent les nouveaux projets de pipeline », dit-il en faisant notamment référence aux changements prévus dans le projet de loi C-69. « Une fois approuvés, ces projets ne peuvent pas faire l’objet de tactiques qui coûtent du temps et de l’argent et qui entravent la prospérité du Canada au plan économique et social. »

Rachel Notley pense au contraire que l’acquisition de Trans Mountain par le gouvernement fédéral est un gage de stabilité et qu’elle restimulera l’investissement dans l’industrie des sables bitumineux.

La première ministre vise d’ailleurs une reprise de l’expansion du pipeline dès les prochaines semaines.

L’entreprise Kinder Morgan reste propriétaire de ses autres installations dans la région d’Edmonton et de Vancouver ainsi que de son pipeline reliant les États-Unis à l’Alberta.

Elle a indiqué qu’elle aiderait le gouvernement à trouver un nouvel acquéreur d’ici le 22 juillet.