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L'Alberta doit s'expliquer sur son refus des PPP, disent des experts

Plusieurs groupes exhortent le gouvernement albertain à plus de transparence et à expliquer pourquoi il ne souhaite plus, pour l'instant, aller de l'avant avec les partenariats public-privé (PPP).

Les PPP permettent au gouvernement de transférer des financements au secteur privé afin que celui-ci élabore des projets d'infrastructure, par exemple des constructions d'écoles, d'hôpitaux ou de routes. Les projets incluent la phase de planification, de construction et d'entretien à long terme.

La province a fini au printemps dernier un examen de ces PPP, mais n'a pas rendu public son rapport.

Jyoti Gondek, la directrice du Westman Centre for Real Estate Studies à l'Université de Calgary, pense qu'il faut que le gouvernement travaille davantage avec le secteur privé, plutôt que de dire que cela ne fonctionne pas. « Nous devons comprendre comment le gouvernement en est arrivé à cette conclusion [de cesser tout PPP] », affirme-t-elle.

Le gouvernement néo-démocrate dit pour sa part qu'il prendra une décision définitive d'ici la fin de l'année, mais rejette pour le moment tout nouvel accord avec le privé.

L'ancien gouvernement progressiste-conservateur était en revanche friand de ces partenariats et avait annoncé en 2014 que le nouveau centre de cancérologie de Calgary serait construit et financé grâce à ce type de partenariat.

Selon le directeur politique à la Chambre de commerce de Calgary, Justin Smith, ce modèle a d'ailleurs été la source de plusieurs succès par le passé. Il se demande pourquoi l'Alberta remet en cause ces partenariats, tandis que nombre de projets voient le jour de cette manière au Canada.

Un peu plus tôt cette année, CBC a déposé une demande d'accès à l'information afin d'obtenir le rapport de 62 pages, mais la demande a été refusée par le ministère de l'Infrastructure. La raison évoquée : cette documentation repose sur des discussions entre le cabinet confidentiel et le Conseil du Trésor.

Ce sont le Bureau de l'information et le commissaire à la vie privée de l'Alberta qui ont décidé de ne pas rendre ce rapport public.

Le débat sur les PPP s'est intensifié en 2014 après que la vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk, eut jugé qu'ils étaient coûteux pour les contribuables. Elle estimait alors que les contribuables avaient perdu jusqu'à 8 milliards de dollars en neuf ans.

Selon les experts interrogés concernant la décision du gouvernement albertain, celle-ci relevait davantage d'une idéologie que de questions financières. En effet, le NPD avait, à de nombreuses reprises, critiqué les contrats PPP lorsqu'il était dans l'opposition.