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L’Alberta envisage de laisser la commercialisation de la marijuana au privé

Le gouvernement albertain songerait à confier la commercialisation de la marijuana au secteur privé, affirme le groupe Postmedia.

La province se garderait toutefois une marge de manœuvre pour contrôler la vente des produits en ligne, dans le but, dit-il, de baliser la vente et d’assurer plus de sécurité. Aucun détail n’a encore été dévoilé sur le fonctionnement de ce système.

Questionné par les journalistes en point de presse, le ministre des Finances, Joe Ceci, n'a pas voulu commenter les rumeurs, se contentant de dire que le projet serait déposé la semaine prochaine.

Le dépôt du projet de loi surviendrait ainsi un peu plus d’un mois après la présentation du plan de légalisation du cannabis par le gouvernement Notley. En vertu de ce plan, les Albertains pourront cultiver du cannabis chez eux avec une limite de quatre plants par foyer. La limite de possession en public sera de 30 grammes par adulte, soit l'équivalent de 40 joints.

Encore beaucoup de questions

En préconisant un modèle hybride qui fait appel au secteur privé, le gouvernement semble fermer la porte à la création de succursales gérées par les deniers publics, solution retenue par l’Ontario.

Le mois dernier, le syndicat des employés de la fonction publique (AUPE) a adopté une résolution appuyant la vente de cannabis dans des magasins exploités par la province. Le président de l’AUPE, Guy Smith, a dit préférer attendre le dépôt du projet de loi par le gouvernement Notley avant de commenter le dossier.

Les orientations du gouvernement albertain sont néanmoins jugées satisfaisantes par Aurora Cannabis, un des plus grands distributeurs de cannabis médicinal de la province.

Selon Cam Battley, le vice-président de l’entreprise, une telle initiative permettrait d’encourager l’entrepreneuriat et de favoriser la création de petites entreprises.

M. Battley souligne également les effets positifs pour les contribuables. « Dans un système où on fait plus de place au privé, on est plus sensible aux demandes du consommateur et on fournit une meilleure expérience client », explique-t-il.

Sur la question du système d’achat en ligne, Cam Battley a toutefois un bémol. Il prévient que le gouvernement devra s’assurer de mettre en place un processus rigoureux pour décourager la vente et l’achat de produits du cannabis sur le marché noir ou encore dans la rue.

« Aujourd’hui des Canadiens de tous les âges peuvent aller en ligne pour s’approvisionner en toute sorte de produits de la marijuana […] Un des objectifs de la légalisation est justement de réduire l’accès à ces produits aux jeunes », rappelle-t-il.

Des inquiétudes similaires ont également été formulées par le chef du Parti conservateur uni de l’Alberta, Jason Kenney. Par voie de communiqué, il a indiqué que la priorité du gouvernement devrait être de garder la marijuana hors de la portée des jeunes en raison de ses effets sur le développement de leur cerveau.

La légalisation de la marijuana, promesse phare du gouvernement libéral de Justin Trudeau, est prévue pour le 1er juillet 2018.

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