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L'Alberta veut plus d'action du fédéral contre la Colombie-Britannique

L'Alberta demande plus de soutien au gouvernement fédéral dans sa bataille contre la Colombie-Britannique. Cette semaine, le gouvernement de John Horgan a annoncé son intention de restreindre le transport de bitume dilué sur son territoire. L'Alberta y voit un geste pour bloquer l'expansion du pipeline Trans Mountain de l'entreprise Kinder Morgan.

Un texte de Stéphanie Rousseau

Lors d'une conférence de presse jeudi après-midi, Rachel Notley a appelé le premier ministre « a en faire plus » pour soutenir l’Alberta.

« Les actions de la Colombie-Britannique sont inconstitutionnelles. Il ne s’agit plus d’une bataille entre l’Alberta et la Colombie-Britannique, mais entre la Colombie-Britannique et le Canada », a-t-elle lancé jeudi.

Rachel Notley a ajouté qu’en restreignant le transport de bitume dilué sur son territoire, la Colombie-Britannique brave l’autorité du gouvernement fédéral et met en jeu des milliers d’emplois en Alberta, mais aussi ailleurs au pays.

« Le premier ministre doit faire preuve d’un leadership plus clair », a dit Rachel Notley.

« La Colombie-Britannique ne veut pas seulement bloquer le prochain pipeline, mais souhaite aussi réglementer ce qui peut circuler dans le pipeline actuel qui est en fonction depuis 50 ans », a ajouté la première ministre.

Représailles albertaines

En représailles, l’Alberta a annoncé qu’elle mettait fin aux discussions d’achat d’électricité entre l’Alberta et la Colombie-Britannique pour les lignes électriques déjà en fonction.

« De suspendre les discussions sur un projet qui pourrait fournir jusqu'à un demi-milliard de dollars par année à BC Hydro n'est pas "difficile" » a lancé la première ministre, ajoutant que les discussions n’étaient pas liées au projet hydroélectrique en construction du site C au nord-est de la Colombie-Britannique.

La province envisage également de porter l'affaire devant les tribunaux.

Horgan perplexe, Trudeau rassurant

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a déclaré jeudi qu'il ne comprenait pas la réaction de l’Alberta.

« Nous n'avons encore rien décidé », a déclaré Horgan. « Nous allons mettre place un groupe d'experts scientifiques pour déterminer les conséquences d'un déversement catastrophique. Ce n’est pas déraisonnable et je suis surpris de la réaction de l'Alberta », a-t-il lancé.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré jeudi matin que le gouvernement fédéral avait déjà approuvé l’expansion du pipeline de 7,4 milliards de dollars, mais n’a pas voulu se mouiller davantage. « Je ne vais pas me prononcer sur des désaccords entre provinces », a déclaré Justin Trudeau.

Il a simplement ajouté que le pipeline Trans Mountain est dans « l’intérêt national » et que le pipeline allait être construit.