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L'appellation « whisky canadien » protégée

Le Partenariat transpacifique (PTP) conclu entre le Canada et 11 autres pays non seulement éliminera certaines barrières tarifaires pour les spiritueux canadiens, mais protégera aussi l'appellation whisky canadien et whisky rye canadien, le tout afin de préserver une industrie vieille de 200 ans.

Un texte de Christian Noël

Pour les gens d'affaires comme Marcel Rheault, qui distille sa vodka et son whisky canadien à Hearst dans le nord de l'Ontario, « c'est une excellente nouvelle ».

« Un whisky canadien doit être mis en fût ici au pays pendant trois ans afin d'obtenir cette appellation. Si une compagnie canadienne s'installe à l'étranger, elle ne pourra pas appeler son produit "whisky canadien". Ça protège l'image de marque, et ça va créer beaucoup d'emplois au Canada », se félicite-t-il.

Une protection contre la contrefaçon

Le whisky canadien est prisé sur les marchés internationaux. C'est un des quatre styles de whisky reconnus dans le monde, avec les whiskies écossais et irlandais et le bourbon américain.

« Notre industrie rapporte chaque année 3 milliards de dollars à l'économie canadienne », fait valoir Jan Wescott, président l'Association des distillateurs canadiens.

Or, déplore-t-il, « parfois, nos membres développent une demande pour leur whisky canadien dans un pays étranger. Puis un compétiteur local arrive avec une imitation bas de gamme qu'il appelle lui aussi "whisky canadien", et tous les investissements et les efforts de mise en marché s'envolent. »

Selon M. Wescott, le Partenariat transpacifique va prémunir les distillateurs canadiens contre la contrefaçon.

En vertu de l'entente, les barrières tarifaires de 55 % pour les spiritueux canadiens dans des pays comme le Vietnam et la Malaisie vont complètement disparaître après 15 ans.

Protéger l'histoire

« Le whisky canadien a une histoire riche de 200 ans, plus vieille que le Canada », raconte Davin de Kergommeaux, un expert en spiritueux et auteur d'un livre sur le sujet, rappelant l'existence « des marques comme Seagram à Montréal, Hiram-Walker à Windsor et Gooderham and Worst à Toronto, qui ont contribué à l'essor de l'économie de leur région. »

Plusieurs associent également la notoriété du whisky canadien au temps de la prohibition aux États-Unis, de 1920 à 1933.

Le Canada protège l'appellation « whisky canadien » et « whisky rye canadien » dans toutes ses ententes internationales, comme l'ALENA et celle avec l'Europe, indique M. de Kergommeaux.

Les microdistillateurs aussi gagnants

L'entente sera également avantageuse pour les microdistillateurs, un secteur en pleine expansion au Québec, en Alberta et en Ontario.

« On conserve la production ici, et on utilise des grains canadiens, donc c'est bon pour le secteur de l'agriculture », explique Peter Stroz, de la distillerie Gillead 66, en Ontario.

« Et pour une petite distillerie artisanale comme la nôtre, qui n'a pas les moyens de se lancer dans de grande bataille juridique, la protection de l'appellation canadienne nous permettra peut-être de nous lancer plus rapidement dans l'exportation », se félicite-t-il.

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