Le gouvernement de l'Argentine, troisième économie d'Amérique latine, cherche à regagner la confiance des investisseurs et a dépêché sa vice-présidente pour cogner à la porte du Canada.

Un texte de Marc Godbout

À quelques semaines de la visite de Justin Trudeau en Argentine, la présence de Gabriela Michetti à Ottawa n'est pas un hasard.

La vice-présidente argentine veut convaincre les entreprises canadiennes que son pays est désormais prévisible, fiable et attrayant pour investir.

L'arrivée d'un nouveau gouvernement à Buenos Aires, il y a moins d'un an, a sonné le glas de la politique protectionniste de ses prédécesseurs Nestor et Cristina Kirchner.

Pour sortir son pays d'une longue crise économique, le président Mauricio Macri a promis de mener une politique économique libérale propice au commerce et aux investissements étrangers.

Les entreprises canadiennes se classaient au sixième rang des investisseurs étrangers en Argentine en 2014.

L'investissement canadien direct était alors de 3,45 milliards de dollars, principalement dirigé vers le secteur agro-industriel et celui des mines.

Une des priorités de l'Argentine de Mauricio Macri est la relance des investissements pour combler l'important déficit dans les infrastructures auquel est confronté le pays.

Ports, réseaux ferroviaires, autoroutes et aéroports : l'Argentine veut donner un grand coup de barre en optant pour la formule du partenariat public-privé.

Or, quatre des grandes caisses de retraite canadiennes sont parmi les dix plus grands investisseurs en infrastructures dans le monde. Non seulement les régimes ont des milliards à investir, mais ils disposent d'une expertise acquise à l'étranger.

De passage à Toronto vendredi, la vice-présidente s'est empressée de rencontrer les dirigeants de Teachers, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario.

« C'est un autre secteur de l'économie qu'on pense pouvoir partager avec les investisseurs canadiens. On a besoin de l'expertise et de l'expérience canadienne », a expliqué la vice-présidente à Radio-Canada.

Gabriela Michetti doit rencontrer plus tard cet après-midi le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et s'entretenir brièvement avec le premier ministre Trudeau lors d'une rencontre informelle.