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L'augmentation du salaire minimum réclamée en Nouvelle-Écosse

Une poignée de manifestants se sont rassemblés devant un Tim Hortons du centre-ville d'Halifax, mercredi, afin de réclamer un salaire minimum plus élevé en Nouvelle-Écosse.

À 10,85 $ l’heure pour les travailleurs expérimentés et 10,35 $ l'heure pour les travailleurs sans expérience, le salaire minimum de la Nouvelle-Écosse est le plus bas de toutes les provinces canadiennes.

Judy Haiven, une ancienne professeure, aujourd’hui à la retraite, de relations industrielles à l’Université Saint Mary's, indique que la manifestation de mercredi est organisée par un groupe nouvellement créé, Rights at Work Nova Scotia (« Droits au travail Nouvelle-Écosse »).

« Nous sommes ici aujourd’hui pour souligner au public que ce que l’Ontario a fait en augmentant son salaire minimum à 14 $ l’heure est une bonne chose, qui a un impact positif sur les travailleurs comme ceux-ci », a mentionné Mme Haiven devant l’entrée du Tim Hortons.

Les manifestants, disposés en deux rangées de chaque côté du trottoir enneigé, ont distribué des tracts aux passants et aux clients qui entraient ou sortaient du café.

Le 1er janvier dernier, le gouvernement ontarien a augmenté le salaire minimum des employés de la province à 14 $ l’heure. Il s’agit d’une augmentation marquée, puisqu’il s’élevait à 11,60 $ en 2017.

Judy Haiven déplore que la Nouvelle-Écosse ait toujours le salaire minimum le plus bas au pays. « À ce taux horaire, les travailleurs n’ont pas de dignité et sont rabaissés », dit-elle.

Elle estime qu’un salaire minimum trop bas entraîne tous les autres salaires vers le bas. « Quand les gens disent que leurs enfants quittent pour le Manitoba, l’Ontario, la Saskatchewan, c’est parce que les salaires sont plus élevés. C’est parce que, professionnels ou non, ils vont être mieux payés. »

Mme Haiven est en désaccord avec le gouvernement provincial de Stephen McNeil. Celui-ci, estime-t-elle, semble croire que de garder les salaires bas est la façon de faire prospérer les petites entreprises qu’il dit défendre. Mme Haiven ne souscrit pas à cette théorie.

La plupart des franchisés comptent sur une main-d’oeuvre à très bon marché, facilement accessible et facilement remplaçable, dénonce-t-elle. « C’est un problème ».

Tim Hortons au centre de la controverse

L’endroit choisi pour la manifestation de mercredi est symbolique. Au début janvier, quelques jours après que l’Ontario ait augmenté son salaire minimum à 14 $ l’heure, Tim Hortons a été plongé dans la controverse. Des employés de certaines succursales ontariennes rapportaient qu’on leur avait demandé de signer un document où ils acceptaient de perdre leurs pauses rémunérées et certains avantages sociaux, une décision que leurs patrons disaient directement reliée à la hausse du salaire minimum.

La compagnie mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International (RBI), est intervenue en répliquant que c'était la décision d'une « poignée » de franchisés et que « cela ne reflète pas les valeurs de la compagnie ».

Mercredi, un manifestant brandissait une pancarte : « Nous aimons les travailleurs de Tim Hortons. La compagnie, pas tant que ça. »

Avec les informations d'Olivier Lefebvre