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L’économie de la Gaspésie et des Îles prend du mieux

Selon les dernières données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), plusieurs indicateurs de croissance permettent de constater que la situation économique des Gaspésiens s'est nettement améliorée au cours des 10 dernières années.

Un texte de Joane Bérubé

Il s’agit d’une tendance qui se dégage de différents indicateurs comme le taux de chômage, le PIB et le revenu disponible par habitant entre 2005 et 2015.

Cette croissance ne peut être attribuée à une seule cause. « On parle ici d’un ensemble de facteurs », précise Marie-Hélène Provençal, chargée de projet à l’Institut de la statistique du Québec.

De grands projets, comme ceux du secteur éolien ou celui de la cimenterie de Port-Daniel-Gascons ont suscité d'importants investissements ce qui a, entre autres, joué un rôle important sur le PIB de la région.

Le PIB de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a connu en 2015 une croissance de 4,0 %, soit la seconde en importance au Québec, après Montréal.

La fin de ces grands projets ne signifie pas nécessairement la fin de cette embellie. Des secteurs traditionnels comme la construction, la fabrication de produits en bois, l'agriculture, la foresterie ou la pêche sont aussi en croissance, note Mme Provençal.

La chargée de projet observe toutefois qu’il y a beaucoup de fluctuations d’une MRC à l’autre. Ainsi, le taux de familles à faible revenu des Îles-de-la-Madeleine s’établissait en 2014 à 2,6 %, soit l’un des plus bas taux des MRC du Québec.

En comparaison, des MRC comme celles de la Haute-Gaspésie ou Avignon affichaient des taux au-dessus de 10 %, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise.

Des ombres au tableau

Marie-Hélène Provençal estime que la décroissance et le vieillissement de la population sont les principales menaces qui planent sur l'économie de la Gaspésie. « La population, dit-elle, est en diminution et cela peut, du point de vue économique, devenir un problème de main-d’œuvre. »

La région présente aussi un des plus bas taux de diplomation de niveau collégial au Québec.

Ainsi seulement 59,5 % des étudiants inscrits à leur première année de cégep en 2010 ont terminé leur formation avec un diplôme en poche. « Évidemment, relève Mme Provençal, une main-d’œuvre qui est qualifiée et bien scolarisée, c’est sûr que c’est un atout pour le développement économique. »

Par ailleurs, les jeunes qui vont suivre une formation collégiale ou universitaire à l’extérieur doivent avoir des raisons de revenir dans la région.

« On peut souhaiter, conclut la spécialiste, que les bonnes performances économiques qu’on observe dans la région aient des retombées à plus long terme. Que cela puisse avoir un impact positif sur la démographie, autant sur la croissance de la population que sur le maintien d’une population jeune. »

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