Le Groupe Juste pour rire est déstabilisé en raison des allégations d’agressions sexuelles qui pèsent contre son fondateur Gilbert Rozon.

Même s’il a remis sa démission comme président du groupe et que la constitution d’un nouveau conseil d’administration est imminente, les pertes de contrats auprès de grands réseaux de télévision se multiplient. Les différents paliers de gouvernement et les commanditaires de Juste pour rire sont également interpellés par l’avenir incertain de l’entreprise.

Selon le professeur de marketing à HEC Montréal, Renaud Legoux, le mal est déjà fait.

« On va vouloir savoir s’il y a des gens à l’intérieur de l’organisation de Juste pour rire qui étaient au courant de certains agissements problématiques, dit-il. Et là, ça peut faire tache d’huile et entraîner toute l’organisation dans une crise. »

Il croit que les impacts se feront tout d’abord sentir auprès des partenaires de Juste pour rire, comme les artistes, les commanditaires privés et les divers gouvernements qui financent ce genre d’activités.

La ministre québécoise du Tourisme, Julie Boulet, reste pour sa part prudente et rappelle que « Juste pour rire et toutes ses productions sont des moteurs touristiques importants ». Elle soutient qu’il est important de « faire la distinction entre l'individu et l'entreprise ».

Mais son gouvernement pourrait tout de même revoir l'aide accordée au fleuron québécois, avoue-t-elle.

« Ce n’est pas certain, dit la ministre Boulet. Dépendamment de la suite des choses et de l’organisation qui restera en place, on verra comment le gouvernement s’inscrit. »

Les commanditaires devront aussi décider s'ils poursuivent leur association avec l’entreprise, dit Stéphane Mailhiot de la firme de publicité Havas.

Il estime qu’il y aura sûrement « une suite judiciaire ou de l'ordre des relations publiques » à cette affaire si les allégations s'avèrent être fondées.

Impact sur le monde de l’humour

Au Québec, l'industrie de l'humour repose en grande partie sur le quasi-monopole du Groupe Juste pour rire. Une vingtaine d'entreprises distinctes, 110 employés et 4400 contractuels évoluent autour de l'entreprise fondée en 1983 par Gilbert Rozon.

Mais pour la directrice générale de l’École nationale de l’humour, Louise Richer, l’industrie de l'humour québécois devrait se relever de cet épisode douloureux.

« Ce qui arrive aujourd’hui concerne un homme, dit-elle, et je ne vois pas comment il pourrait y avoir une baisse significative dans les activités en humour au Québec. »

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