Retour

L’énergie éolienne cherche à convaincre l'Alberta

Près de 200 représentants de l'industrie éolienne sont réunis mardi et mercredi à Calgary pour discuter des tendances du secteur. Selon eux, l'Alberta est un marché prometteur, où l'énergie par la force du vent gagnerait à être mieux connue.

L’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA) affirme que l’énergie éolienne est la source de production d’électricité la moins chère au pays.

L’Alberta, « grâce à sa stratégie visant l'élimination de l'électricité produite par le charbon et la diversification de son réseau [...] est placée dans le peloton de tête des marchés de l'éolien au Canada », selon un communiqué de l’Association.

Tyson McDonald, ingénieur pour le groupe Ohmega qui est installé en Alberta depuis moins d’un an, voit un avenir pour l’industrie éolienne en Alberta. Cependant, dit-il, l’industrie est encore en train de se chercher et cela prendra du temps pour voir qui veut vraiment y investir.

Selon Jean-Frédérick Legendre, directeur régional de l’Association pour le Québec, l’un des défis dans le développement de tout secteur est la création d’une chaîne d’approvisionnement, avec des fournisseurs de services et de composants nécessaires.

L’Alberta a une grande expérience dans le domaine de l’énergie, dit-il, et l’éolien présente des similitudes avec le secteur pétrolier.

Pendant des années, c’est l’Ontario et le Québec qui ont dominé le secteur de l’énergie éolienne. L’Alberta, affirme M. Legendre, pourrait leur ravir leur pôle position d’ici 10 ans.

Des coûts de production très bas

L’autre défi, ajoute-t-il, est de faire comprendre au grand public et aux gouvernements que les prix de production de l’énergie éolienne sont bas.

« Il s’agit de la forme d'énergie la plus mise en service au Canada depuis 10 ans », dit-il. « L’éolien a le vent en poupe partout dans le monde. Il est très compétitif au niveau des coûts. »

La question des coûts est importante aussi pour Evan Wilson, directeur régional de l’Association pour les Prairies. Il a, par exemple, remarqué que les informations données par les candidats à la présidence du Parti conservateur uni lors des débats n’étaient pas à jour. Ils disaient que les prix étaient trop élevés, que l’Alberta ne pouvait pas se lancer dans l’éolien, raconte-t-il.

Mais, « le prix de l’éolien a chuté de 70 % au cours des neuf dernières années, rappelle M. Wilson. La technologie s’est améliorée. C’est une nouvelle ère, assurons-nous que tout le monde s’accorde sur ça. »

Avec des élections provinciales à l’horizon, M. McDonald pense que le résultat pourrait fortement influencer l’avenir de l’industrie éolienne en Alberta : « Si le gouvernement change, on retournera vers le pétrole; si on garde le même gouvernement, ils feront un effort pour continuer à développer l’éolien. »