Retour

L'énergie, le secteur albertain le plus exposé au commerce avec les États-Unis

Les États-Unis sont de loin le premier client de l'Alberta, qui y vend plus de 85 % de ses exportations, dont une grande quantité de produits pétroliers, ce qui rend le secteur très sensible aux négociations actuelles sur l'avenir de l'ALENA.

Ces cinq dernières années, l’Alberta a importé en moyenne pour plus de 40 milliards de dollars de marchandises américaines, et exporté pour 86 milliards de biens vers son voisin du sud. Plus des trois quarts de ces exportations étaient des produits énergétiques.

Des millions d’emplois en jeu

« Tout changement qui perturberait les échanges commerciaux [...] ou qui ferait revenir les tarifs douaniers élevés et les barrières douanières qui ont précédé l’ALENA pourrait mettre en danger les dizaines de millions d’emplois qui dépendent du commerce en Amérique du Nord et de l’interdépendance des marchés de l’énergie », écrivait ainsi l’association canadienne des producteurs de pétrole dans une mise en garde cet été.

Les autres secteurs d’exportation sont bien moins importants : les plastiques, par exemple, arrivent en deuxième position des exportations albertaines, avec 3,4 milliards de dollars.

Les États-Unis sont aussi le principal client pour l’agriculture albertaine, qui y envoie 25 % de ses exportations. Le bétail, le blé et le canola sont les produits les plus échangés.

Nombreux scénarios possibles

Toutes les entreprises qui commercent avec les États-Unis seraient concernées par un retrait américain de l’ALENA, mais, pour le moment, il est difficile de savoir ce qui changerait exactement, observe Martha Hall Findlay, la PDG de la fondation Canada West.

Sa fondation a élaboré un guide pour les entreprises qui voudraient se préparer à la fin de l’ALENA. « C’est pas le moment de s’affoler ni le moment de faire l’autruche. On a besoin d’être préparés », estime Mme Hall Findlay.

La situation serait différente si l’ALENA devait être remplacé par les règles bilatérales qui existaient avant entre le Canada et les États-Unis, ou si les règles de l’Organisation mondiale du commerce s'appliquaient, explique-t-elle.

L'experte conseille aux entreprises canadiennes de prendre le temps de savoir quels produits américains elles achètent et quels sont ceux qui sont exportés, puis calculer les droits de douane selon les différents scénarios.

Martha Hall Findlay recommande aussi aux entreprises de prendre contact avec leurs clients et leurs fournisseurs pour préparer les changements possibles.