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L’engorgement des pipelines coûte très cher à l’Alberta

Les pertes combinées de revenus pétroliers en Alberta du provincial, du fédéral et des entreprises se chiffreraient à 13 milliards de dollars annuellement, selon une analyse de l'École de politiques publiques de l'Université de Calgary publiée mardi.

Un texte d'Emma Hautecoeur

Là-dessus, le gouvernement albertain serait le premier perdant, avec 7 milliards de dollars de moins par année. Les entreprises perdraient 5,3 milliards de dollars et Ottawa 800 millions de dollars.

L'estimation de l'École de politiques publiques comprend les pertes de revenus en redevances, en impôts sur les entreprises et autres coûts résultants de la fluctuation des prix du brut.

Basée sur le taux d’exportations actuel, l'analyse découle de la différence de prix entre le pétrole brut canadien (WCS) et le brut américain (WTI).

Traditionnellement, le différentiel est d’environ 15 $ CA, en raison du coût du transport et de la qualité supérieure du brut américain, plus léger.

Au mois de février, le différentiel entre les deux indices se situait à 38 $ CA.

Le chercheur de l’Université de Calgary, Kent Fellows, a examiné des données historiques et conclut « qu'une forte relation existe entre la montée fulgurante du différentiel et une demande pour le transport du pétrole par pipeline qui excède sa capacité ».

C’est ce qui explique, selon ses calculs, que le gouvernement albertain tire moins de revenus de ses exploitations pétrolières qu’il ne le devrait.

Dans sa dernière mise à jour économique, le gouvernement de Rachel Notley identifie aussi l’impossibilité d’acheminer le pétrole albertain vers ses marchés comme source de perte. La fermeture du pipeline Keystone pendant deux semaines en novembre en a fait un des pires mois, en ce qui concerne les revenus pétroliers. Le différentiel est passé de 18 $ à 36 $ CA et le gouvernement y a laissé 500 millions de dollars en redevances, selon son rapport de la semaine dernière.

Lundi, la première ministre Rachel Notley a annoncé que des représentants de son gouvernement se rendraient à Ottawa pour discuter de la stratégie légale de soutien au projet de pipeline Trans Mountain.

Des investissements plus frileux

Dans son dernier rapport paru lundi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) affirme que l'incertitude entourant l'expansion du réseau d'oléoduc retarde également la croissance du marché canadien. La production continuera de croître au Canada, mais elle sera principalement due aux projets déjà en cours, car les investissements y sont au ralenti.

Tandis que les États-Unis prendront les devants dans les cinq prochaines années, en répondant à près de 80 % de la demande mondiale en énergie, selon l’AIE.