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L'enquête de Trump sur l'importation de l'aluminium fait réagir à Baie-Comeau

L'annonce de l'enquête du gouvernement Trump sur l'importation d'aluminium aux États-Unis fait réagir à Baie-Comeau, mais elle ne soulève pas d'inquiétude pour le moment.

Un texte de Laurence Royer

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens, a partagé ses impressions au lendemain de l’annonce du gouvernement Trump.Il indique qu’il n’est pas préoccupé par cette enquête : « Honnêtement, au moment où je vous parle, nous ne sommes pas inquiets, parce ce qu’il faut savoir que présentement, les États-Unis sont en déficit de production d’aluminium. »

Selon Michel Desbiens, 60 % du métal qui entre aux États-Unis provient du Canada. Le président du Syndicat indique également que les usines de transformation américaines ont besoin du métal et que le meilleur endroit pour se procurer l’aluminium est au Canada.

De son côté, le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, ne s'inquiète pas non plus de l'enquête sur l'importation d'aluminium ordonnée par le président des États-Unis. Il affirme que l'aluminium québécois est créateur d'emplois pour son voisin américain et ne fait pas compétition à celui des États-Unis.

« Ils [les États-Unis] vont réaliser que nous sommes perdants dans cet échange. Deuxièmement, Alcoa est une compagnie américaine comme tel. Je ne vois pas quel problème ils vont avoir, d'autant plus qu'il nous a été dit qu'il va y avoir une planification nord-américaine au niveau de l'aluminium », indique Claude Martel.

Réaction du gouvernement provincial

Le gouvernement du Québec est d'avis que l'adminstration Trump fait fausse route, en ouvrant une enquête commerciale sur la surproduction d'aluminium dans le monde.

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, déplore que cette enquête du département du Commerce américain vise aussi l'aluminium produit au Canada.

Elle estime que l'industrie de l'aluminium au Québec est un modèle et que cette production a toujours bien servi les Américains. La ministre de l’Économie indique que l’aluminium est le deuxième secteur d'exploitation au Québec et se désole de la guerre commerciale que semble vouloir lancer les Américains.

Démarches pour l'exclusion du Canada de l’enquête

De leur côté, les Métallos du Canada et des États-Unis pressent le gouvernement américain d'exclure l'aluminium canadien de l'enquête sur les importations d'aluminium.

Le directeur québécois des Métallos et ex-coordonnateur régional, Alain Croteau, affirme que l'aluminium du Québec ne fait pas compétition à celui des États-Unis, mais plutôt à celui provenant d'autres pays aux normes environnementales douteuses, qui produisent de l'aluminium à partir d'électricité au charbon.

Rio Tinto a aussi réagi jeudi à ce sujet.

D'après les informations d'Alix-Anne Turcotti

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